La ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie Ségolène Royal a confié à Corinne Lepage une Mission sur la transition économique pour les acteurs du Nouveau Monde début 2015. Ce Rapport et sont Résumé sont maintenant disponibles.

Highlights :

  • L’économie du nouveau monde n’est pas une utopie, elle est déjà là, mais à l’état de germes !
  • Des obstacles systémiques et spécifiques retardent sont émergence.
  • Des règles qui sont autant d’ordre économique que culturel, doivent évoluer.
  • La création d’une marque permettrait à tous les acteurs du Nouveau Monde de s’identifier, un Mouvement des Entreprises pour la Nouvelle Economie, un Institut de la transition, la création d’un Fond de Remédiation sur le long terme en particulier dans le cas de l’adaptation changement climatique.
  • Ces créations seront l’œuvre de la société civile pour une large part.
  • Fondation 2019 s’intéresse à des outils spécifiques pour favoriser le basculement de cette économie du nouveau monde : Modes de comptabilités, TVA Circulaire, Certificats d’externalités et Monnaies complémentaires.

L’économie du Nouveau Monde,

C’est une économie libérée des énergies fossiles et fissiles, connectée, relocalisée et au service de l’humain. Partout dans le monde, la transition est en marche. Et la France n’est pas en reste ! Un nouveau modèle économique est possible. Des synergies se développent en ce sens en France… Mais malheureusement la bascule n’a pas encore eu lieu et ces germes sont encore fragiles.

Pourquoi ?

Les causes sont diffuses : méfiance, crainte du progrès, modèle entrepreneurial figé, frilosité face à l’innovation et disfonctionnement de la recherche. D’autres sont plus spécifiques : emplois en mutation, comptabilité publique inadaptée, blocages au niveau du financement des petites entreprises innovantes et des start-up, normes obsolètes et favorisant les rentes, refus de l’État d’accompagner ces transitions.

Il manque les bonnes lunettes pour regarder ce Nouveau Monde et faire les réformes indispensables pour en tirer les bénéfices.

Les objectifs prioritaires sont clairs : mettre la santé et le bien-être en priorité, reconnaître les externalités, mieux valoriser l’immatériel, innover localement,  favoriser la transformation déjà engagée de l’entrepreneuriat, introduire l’équitable dans l’économie, proposer aux médias de remplacer la peur par l’engagement !

Comment ?

Les règles qui sont autant d’ordre économique que culturel, doivent évoluer dans le domaine fiscal, financier, législatif, normatif et de la formation professionnelle. Le rapport propose de très nombreuses réformes :

  • Systèmes de certificats d’externalités permettant de financer la transition,
  • la TVA circulaire et incitative,
  • le développement des monnaies complémentaires,
  • des financements alternatifs et des fonds citoyens.

Le rapport pointe aussi la nécessaire simplification des règles du jeu applicables aux start-ups et aux petites entreprises innovantes, l’instauration de Greens Deals et le développement de l’expérimentation, la suppression des normes contestables qui soutiennent les rentes, ou encore les marchés publics. Il appel à un green business Act qui puisse mettre en forme ces transformations.

Les secteurs économiques doivent se transformer. À commencer par le secteur de l’énergie, qui est le point de blocage majeur de l’accès au Nouveau Monde : révolution numérique, décentralisation, vérité des prix et égalité des armes entre tous les acteurs. Le secteur clé de l’agriculture, déjà, a modestement entamé une transformation, qui doit s’accélérer. Nos atouts essentiels que sont le bois, la mer, l’outre-mer et les matières issues de l’économie circulaire doivent être les bases de cette nouvelle économie. Quant à des secteurs plus traditionnels comme le textile ou la santé, ils commencent tout juste leur mutation, mais fourmillent déjà d’exemples de nouveaux modèles industriels pouvant être dupliqués.

Concrètement comment faire ?

Le rapport propose :

  • La création d’une marque, dont le nom pourrait être France terre d’avenir, qui, à l’instar du succès de la French Tech permettrait à tous les acteurs du Nouveau Monde de s’identifier.
  • La création du Mouvement des Entreprises pour la Nouvelle Economie, qui pourrait regrouper des mouvements déjà existants et toutes les entreprises qui se retrouvent dans cette logique afin porter des  plaidoyers en faveur de la modification des règles du jeu et d’assurer la défense des intérêts collectifs et particuliers.
  • Un Institut de la Transition pourrait permettre la mutualisation des savoirs, l’assistance et le règlement des conflits entre Ancien et Nouveau Monde.
  • La création d’un fonds de remédiation – disposant de fonds bloqués sur 30 ans en échange d’une fiscalité calquée sur celle de la forêt – permettrait de financer les investissements non rentables à court terme mais indispensables pour le long terme, en particulier dans le cas de l’adaptation changement climatique.

Ces créations peuvent être l’œuvre de la société civile pour une large part. L’entrée dans le Nouveau Monde est l’affaire de tous et l’expérience prouve que les citoyens, les entreprises et les collectivités locales sont infiniment plus actifs et efficaces que l’État dans cette métamorphose.

L’état pourrait décider de devenir un moteur de cette transition, en proposant une véritable stratégie pour le Nouveau Monde, en faisant évoluer les institutions de la République, en acceptant de changer les règles du jeu et d’utiliser les moyens de l’État actionnaire.

Ce faisant, l’État pourrait à nouveau faire rêver les Français : « Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer ». Saint Exupéry Le challenge est de faire naître le désir de la Terre et de l’avenir !