PARIS / Jeremy Rifkin, Président de la Foundation on Economic Trends et Président du Third Industrial Revolution Consulting Group LLC, se joindra à l’ancienne Ministre française de l’Environnement, Mme Corinne Lepage, lors d’une conférence de presse le mercredi 24 Juin à Blablacar (32 rue Blanche, Paris) à 10h. Mme Lepage, présidente du groupe de travail et auteur principal du rapport ainsi que Mr Rifkin discuteront de la publication de ce rapport, très attendu, commandé par Mme Ségolène Royal, l’actuelle Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, sur la transition de la France en une économie d’un Internet des Objets écologique et intelligent et vers une Troisième Révolution Industrielle. Le rapport appelle à une « Economie du Nouveau Monde » : L’économie du Nouveau Monde reprend très largement les propositions de Jérémy Rifkin qui repose effectivement sur la convergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication, de l’énergie renouvelable c’est-à-dire sans fossile, ni fissile, avec ses applications sur le transport et la production industrielle et enfin un nouveau mode de production et d’organisation de la société autour de la territorialisation. Dans son dernier ouvrage, Jérémy Rifkin décrit parfaitement la révolution que constitue la convergence des nouvelles technologies dans le domaine de la communication, de l’énergie et du transport pour conduire à l’internet des objets. Cette révolution fait qu’il n’est pas possible de parler de transition écologique ou énergétique sans parler de transition technologique liée. C’est cette interconnexion qui change le monde et qui le change probablement beaucoup plus rapidement que ce que certains pouvaient imaginer.  La conclusion principale de ce rapport de 139 pages, préparé par un groupe de travail de 28 représentants de l’industrie, de la communauté scientifique, des universités et de la société civile, est que le Nord-Pas de Calais est « incontestablement la région qui a une vraie vision de ce que pourrait être un projet régional à long terme afin d’entrer dans la Troisième Révolution Industrielle « (le groupe d’experts de Mr Rifkin a travaillé avec la région du Nord-Pas-de-Calais depuis 2012 sur son nouveau plan de développement économique). Le groupe de travail note que la communauté des entrepreneurs de la région, les municipalités, la société civile, les universités, les écoles secondaires et les familles ont été pleinement mobilisés et travaillent en collaboration à la construction et au développement d’une Troisième Révolution Industrielle écologique et intelligente, créant ainsi de nouvelles opportunités pour les entreprises,  et d’emploi pour la région. Le rapport poursuit en disant que la « refonte des juridictions régionales [en France] offre une occasion historique de créer une dynamique favorisant le passage à un nouveau monde. » Le rapport se termine par l’observation que « le moment est donc venu de proposer la généralisation du modèle de la région Nord-Pas de Calais [Troisième Révolution Industrielle], en une stratégie de développement dans toutes les régions de France. » Le modèle existe et tout ce que nous avons à faire est de reproduire la méthodologie en l’adoptant aux caractéristiques de chaque région. » L’économie de la Troisième Révolution Industrielle va révolutionner tous les secteurs commerciaux en France, apportera avec elle de nouvelles opportunités économiques sans précédent, mettant des centaines de milliers de gens au travail et créant ainsi une société post-carbone plus durable, afin d’atténuer le changement climatique. Le rapport se termine par une nouvelle vision audacieuse d’un plan de développement économique réparti, basé sur les régions, reliées par le réseau numérique, de façon latérale à travers tout le pays et au-delà. Car l’entrée dans le Nouveau Monde est l’affaire de tous et l’expérience prouve que les citoyens, les entreprises et les collectivités locales sont infiniment plus actifs et efficaces que l’État dans cette métamorphose. C’est la raison pour laquelle le rapport propose un plan d’action par acteurs (citoyens, entreprises, médias et collectivités locales) en insistant tout particulièrement sur le rôle actif des régions. Le Master plan lancé en Nord-Pas-de-Calais pour parvenir à l’autonomie énergétique devrait être généralisé. De même que la création d’outils financiers et d’actionnariat local à l’échelle des régions et qu’un nouvel accompagnement des TPE et PME à l’échelle régionale, notamment grâce à des clusters.  Le rapport note que, L’Etat, de son côté, est à la croisée des chemins. A minima, il pourrait choisir, avant d’y être contraint par la transformation du monde, de ne plus constituer un obstacle sur la voie du Nouveau Monde. Mais il pourrait aussi décider d’en devenir un moteur, en proposant une véritable stratégie pour le Nouveau Monde, en faisant évoluer les institutions de la République, en acceptant de changer les règles du jeu et d’utiliser les moyens de l’État actionnaire. (5ème partie)  La COP21 est une occasion historique unique de changer notre fusil d’épaule et d’endosser l’habit d’un leader européen et mondial dans la construction du Nouveau Monde. Ce faisant, l’État pourrait à nouveau faire rêver les Français. L’économie du Nouveau Monde est déjà là. (Extraits)… Une économie libérée des énergies fossiles et fissiles, connectée, relocalisée et au service de l’humain. Partout dans le monde, la transition énergétique est en marche. Les réussites citoyennes, entrepreneuriales, territoriales, se multiplient. Et la France n’est pas en reste ! Nous avons sous nos yeux la preuve vivante qu’une économie efficace, pourvoyeuse d’emplois, au service du bien commun et inscrite dans la durée est non seulement possible, mais capable de créer l’enthousiasme et la confiance. En regroupant ces réalisations, en les transposant à grande échelle, un nouveau modèle économique est possible. Des synergies se développent en ce sens en France. Mais malheureusement la bascule n’a pas encore eu lieu. (1ère partie) Pourquoi ce blocage ? Certaines causes sont diffuses : méfiance, crainte du progrès, modèle entrepreneurial figé, frilosité face à l’innovation et dysfonctionnement de la recherche. D’autres sont plus spécifiques : emplois en mutation, comptabilité publique inadaptée, blocages au niveau du financement des petites entreprises innovantes et des startup, normes obsolètes et favorisant les rentes, refus de l’État de passer aux énergies renouvelables. L’État reste bloqué sur une économie du XXe siècle et ne croit pas vraiment à la troisième révolution industrielle. (2ème partie) Nous pouvons et devons pourtant nous engager pour cette nouvelle économie. Mieux, nous avons tous les atouts pour en être des leaders. Ce qu’il manque ? Tout simplement les bonnes lunettes pour regarder ce Nouveau Monde et les réformes indispensables pour en tirer les bénéfices. D’autant que les leviers à actionner sont établis : mettre la santé et le bien-être en priorité, reconnaître les externalités, mieux valoriser l’immatériel, innover localement, prendre en compte la demande. Il s’agit aussi de favoriser la transformation déjà engagée de l’entrepreneuriat, d’introduire l’équité dans l’économie en acceptant de poser la question de la répartition de la marge et enfin de proposer aux médias de remplacer la peur par l’engagement. À partir de ces révolutions, qui sont autant d’ordre économique que culturel, les règles du jeu peuvent changer dans le domaine fiscal, financier, législatif, normatif et de la formation professionnelle. Le rapport propose de très nombreuses réformes : la création de systèmes de certificats d’externalités permettant de financer la transition, la TVA circulaire et une TVA incitative pour le bio et les produits issus de l’économie circulaire, le développement massif des monnaies complémentaires, des financements alternatifs et des fonds citoyens. Le rapport pointe aussi la nécessaire simplification des règles du jeu applicables aux startups et aux petites entreprises innovantes, l’instauration de Greens Deals et le développement de l’expérimentation, la suppression des normes qui soutiennent les rentes, ou encore la garantiedes acteurs publics qui font des choix innovants en matière de marchés publics. Nous en appelons à un green business Act qui puisse mettre en forme ces transformations. Pour les accomplir, il est indispensable que les secteurs économiques eux-mêmes, qu’ils soient moteurs de la troisième révolution industrielle ou en voie de mutation, puissent se transformer. À commencer par le secteur de l’énergie, qui est le point de blocage majeur de l’accès au Nouveau Monde. Il est plus que temps d’y faire la révolution numérique, de décentraliser, d’accepter la vérité des prix et l’égalité des armes entre tous les acteurs de l’énergie. Le secteur clé de l’agriculture, déjà, a modestement entamé une transformation, qui doit s’accélérer. Ses perspectives d’avenir ? L’agriculture biologique, la deuxième révolution verte qui est celle du digital, l’agro-écologie, le binôme énergie-agriculture et l’essor de l’agriculture urbaine. Nos atouts essentiels que sont le bois, la mer, l’outre-mer et les matières issues de l’économie circulaire doivent être les bases de cette nouvelle économie. Quant à des secteurs plus traditionnels comme le textile ou la santé, ils commencent tout juste leur mutation, mais fourmillent déjà d’exemples de nouveaux modèles industriels pouvant être dupliqués. (3ème partie) Pour engager toutes ces révolutions, auxquelles s’opposent un Etat frileux et des intérêts économiques arc-boutés sur l’ancien monde, de nouvelles synergies sont indispensables. Le rapport propose la création d’une marque, dont le nom pourrait être France Terre d’Avenir, qui, à l’instar du succès de la French Tech permettrait à tous les acteurs du Nouveau Monde de s’identifier. Cette marque doit s’accompagner de la création d’un outil numérique de mise en synergies de ces acteurs citoyens, entrepreneuriaux et territoriaux, leur permettant à la fois de s’identifier, de mutualiser leurs efforts et de créer une dynamique. Parmi eux, les chefs des entreprises du Nouveau Monde occupent une place toute particulière. Nous proposons la création du Mouvement des Entreprises pour la Nouvelle Economie, qui pourrait regrouper des mouvements déjà existants et toutes les entreprises qui se retrouvent dans cette logique. L’objectif de ce mouvement serait de porter des plaidoyers en faveur de la modification des règles du jeu et d’assurer la défense des intérêts collectifs et particuliers. Un Institut de la transition pourrait permettre la mutualisation des savoirs, l’assistance et le règlement des conflits entre Ancien et Nouveau Monde. Enfin, la création d’un fonds de remédiation – disposant de fonds bloqués sur 30 ans en échange d’une fiscalité calquée sur celle de la forêt – permettrait de financer les investissements non rentables à court terme mais indispensables pour le long terme, en particulier dans le cas de l’adaptation changement climatique. (4ème partie) Ces créations peuvent être l’oeuvre de la société civile pour une large part. Car l’entrée dans le Nouveau Monde est l’affaire de tous et l’expérience prouve que les citoyens, les entreprises et les collectivités locales sont infiniment plus actifs et efficaces que l’État dans cette métamorphose. C’est la raison pour laquelle le rapport propose un plan d’action par acteurs (citoyens, entreprises, médias et collectivités locales) en insistant tout particulièrement sur le rôle actif des régions. Le Master plan lancé en Nord-Pas-de-Calais pour parvenir à l’autonomie énergétique devrait être généralisé. De même que la création d’outils financiers et d’actionnariat local à l’échelle des régions et qu’un nouvel accompagnement des TPE et PME à l’échelle régionale, notamment grâce à des clusters. L’Etat, de son côté, est à la croisée des chemins. A minima, il pourrait choisir, avant d’y être contraint par la transformation du monde, de ne plus constituer un obstacle sur la voie du Nouveau Monde. Mais il pourrait aussi décider d’en devenir un moteur, en proposant une véritable stratégie pour le Nouveau Monde, en faisant évoluer les institutions de la République, en acceptant de changer les règles du jeu et d’utiliser les moyens de l’État actionnaire. (5ème partie) La COP21 est une occasion historique unique de changer notre fusil d’épaule et d’endosser l’habit d’un leader européen et mondial dans la construction du Nouveau Monde. Ce faisant, l’État pourrait à nouveau faire rêver les Français (…). L’économie du Nouveau Monde www.adnmonde.fr