Après avoir remis son rapport au ministère de l’Écologie, Corinne Lepage l’a officiellement présenté ce 24 juin en présence de l’américain Jérémy Rifkin. Ensemble, ils ont lancé un appel à la mobilisation générale pour bâtir « l’économie du nouveau monde ».

Corinne Lepage et Jérémy Rifkin lancent l'économie du nouveau monde

« Ce rapport est le fruit d’un travail collectif », présente Corinne Lepage. « Nous nous sommes inspirés de la troisième révolution industrielle prônée par Jérémy Rifkin et de l’expérience en la matière du Nord Pas de Calais. » L’objectif est d’engager la France dans une économie basée sur la révolution numérique, la transition écologique et énergétique. Pour y parvenir, l’idée est de créer de nouvelles synergies entre les acteurs existants. « Il n’y a pas besoin de réinventer la roue, mais de démultiplier ce qui est déjà là », estime Corinne Lepage. « Nous vivons dans un pays où les initiatives remarquables sont nombreuses, mais un plafond de verre les empêche de devenir le modèle dominant. » Pour y remédier, ce plan sur « l’ économie du nouveau monde » propose 5  mesures structurantes.

Leur mise en œuvre a débuté. D’abord, le rapport propose la création d’un « mouvement des entreprises pour la nouvelle économie » ou « Mene ». Il regroupera des organisations existantes et toutes les entreprises qui se retrouvent dans la démarche. Son rôle sera de porter des plaidoyers en faveur de cette nouvelle économie. « Une douzaine d’entreprises se sont déjà réunies dans une association de préfiguration », dévoile Corinne Lepage. Une communication officielle pourrait être faite à ce sujet début juillet. La deuxième mesure est aussi en cours de réalisation. Il s’agit de créer un « Institut de la transition ». Sous un format associatif pour l’instant. Sa mission : partager les savoirs et régler les conflits liés à l’émergence d’innovations de rupture, à l’image de celui entre la plateforme Uber et les taxis. Les autres mesures structurantes sont la cartographie des acteurs de cette nouvelle économie et le lancement d’une marque pour les fédérer. La marque « France terre d’avenir » est suggérée. Enfin, ce plan propose la création d’un fonds de remédiation. Il financerait les investissements non rentables à court terme mais indispensables à long terme.

Pour accompagner ces cinq piliers, le rapport décline cent mesures concrètes. Aussi bien dans la gouvernance de l’État que dans la fiscalité, en passant par le rôle des collectivités locales et des médias. Ou encore des mesures sectorielles pour l’énergie, le bâtiment, l’agriculture, la forêt, l’industrie… « Avec ce rapport, la France arrive à un tournant », a réagi Jérémy Rifkin. « C’est une feuille de route pour le président François Hollande. Le gouvernement doit s’en emparer pour bâtir un nouveau paradigme autour de l’économie du partage, des nouvelles technologies de communication, des nouvelles sources d’énergie et des nouveaux modes de transports. »

TB