Une nouvelle fois, ESCP Europe a accueilli le Comité 21 pour la deuxième rencontre-débat du mois d’octobre, sur le thème de l’économie de demain et l’ambition d’un nouveau monde. Véritable « vivier d’acteurs du changement » comme l’a rappelé XXX, l’enceinte de l’ESCP faisait d’une certaine façon écho aux regards croisés de Corinne Lepage, avocate, ancienne ministre de l’environnement, fondatrice du parti écologiste CAP 21 et Benoît Thieulin, président du Conseil national du Numérique. Cette rencontre était donc l’occasion de montrer les points de complémentarité entre le rapport « L’économie du nouveau monde » de Corinne Lepage et celui du Conseil National du Numérique « Ambition numérique » remis à Manuel Valls en juin dernier. La présidente de CAP21 propose sa définition du nouveau monde : le mariage de l’environnemental et du digital, un monde ni fossile ni fissile, connecté et territorialisé dans lequel le bien-être et l’humain reviennent au centre du débat. Les forces vives de demain, ces « arbres qui poussent » et s’organisent, sont en mesure de changer une organisation entrepreneuriale française qui n’est pas à la hauteur de tous ces talents. C’est pourquoi Corinne Lepage a créé un mouvement des entreprises de la nouvelle économie (MENE). Benoit Thieulin partage cette vision optimiste qu’il défend également dans son rapport, notamment parce que le numérique amorce désormais une nouvelle ère où le champ des possibles est entier. Convaincu que le numérique constitue le levier du changement, Benoît Thieulin identifie les liens évidents qui existent actuellement entre la transition écologique et la transition numérique. Les choix numériques peuvent en effet être mis au service de la transition écologique, mais cela nécessite un appui politique ambitieux. Car la logique « bottom-up » pose un certain nombre de questions, en particulier sur l’encadrement réglementaire des acteurs de l’économie collaborative. Pour autant, le numérique outille les mouvements démocratiques, et permet aux citoyens d’organiser du débat public  participant à la nécessaire politisation de la société. L’open data, l’accès et l’objectivisation des données modifieront la transparence des acteurs, notamment des entreprises, ce qui permettra aux citoyens et aux consommateurs d’orienter leurs choix dans une logique plus durable afin qu’ils puissent tous prendre part à la « survie collective » imposée par les changements climatiques.