Les besoins d’investissements risqués et de long terme ne sont pas satisfaits en Europe et en France. La prise en compte insuffisante des risques environnementaux explique pour partie ce biais court-termiste des investissements. Mais le rôle de la chaîne des intermédiaires financiers ne peut être non plus négligé. L’épargne abondante des ménages est ainsi préférentiellement investie dans des actifs liquides et peu risqués quand le manque de demande identifié concernerait plutôt des actifs de long terme, ayant des qualités inverses.
Or, un important dispositif de dépense fiscale existe aujourd’hui en France, avec pour objectif d’orienter l’épargne des ménages vers des investissements productifs. Une étude (à paraître en juillet 2015) de 2° Investing Initiative et de France Stratégie (ancien commissariat au plan), montrera qu’il serait possible, à dépense fiscale constante, d’améliorer le fléchage vers les secteurs en mal de financement comme les investissements de long terme ou de la transition énergétique.
Pour cela, il est tout d’abord nécessaire d’analyser la contribution de l’épargne des Français au financement de l’économie :
L’épargne investie des ménages (composée de l’épargne financière et de l’immobilier locatif) finance principalement les grandes entreprises puis l’Etat, elle est largement investie en titres de dette (obligations, crédits bancaires) ,
• La fiscalité favorise la détention de titres sur les marchés financiers. Elle favorise notamment les actions cotées, dont la contribution au financement de long terme est actuellement nettement plus faible que celle de la détention de titres de dette,
• les actions non cotées ne sont pas favorisées par le système actuel d’intermédiation, et la fiscalité est peu employée pour compenser ce désavantage,
• la complexité du dispositif fiscal et la volonté de fléchage en l’absence de traçabilité rendent les incitations souvent inefficaces au regard des objectifs visés.

Pour répondre à ces problèmes, deux pistes d’évolution de la fiscalité de l’épargne en faveur de l’investissement à long terme et de la transition énergétique ont été explorées par
• la première propose le verdissement des niches fiscales existantes comme solution la plus simple à mettre en œuvre,
• la seconde recommande une incitation fiscale déconnectée du support et associée à la performance environnementale des actifs détenus, une solution permise par l’exploitation des potentialités des nouvelles technologies de l’information et les nouvelles obligations d’information introduites par la loi sur la transition énergétique.