Le système financier et bancaire actuel est aveugle sur les externalités négatives et en cela, il les cautionne. Contribuer à un Nouveau Monde doit s’accompagner d’un profond changement du système financier lui-même et de nouveaux rapports entre finance et Société. D. Un Grenelle de la finance accompagné d’un dispositif participatif national pourrait être organisé. Il aurait un rôle pédagogique et servirait à construire des alternatives. Il permettrait de définir à la fois des règles sur la finance en elle-même et des règles sur le financement de projets. Il serait particulièrement opérationnel et nécessaire dans le cadre du financement de la transition énergétique.
Le Finance Climate day a montré une nette ouverture la part du monde de la finance vers la prise en compte des questions climatiques. Cette manifestation a été l’occasion de noter des annonces concordantes vers l’abandon du financement d’installations de charbon ..
Un Grenelle de la finance accompagné d’un dispositif participatif national pourrait être organisé. Il aurait un rôle pédagogique – essentiel pour permettre l’appropriation de ces questions par les citoyens – et servirait à construire des alternatives.
Ce Grenelle de la finance aurait un deuxième objectif : favoriser le financement de la transition vers la nouvelle économie. Nous le savons : même si des plans nationaux ou européens sont mis en œuvre, ils devront être complétés par le secteur privé qui draine la très grande majorité des flux financiers. Il s’agit donc de réorienter l’utilisation de ces fonds. Dans ce sens, le secteur financier a un rôle majeur à jouer.
Les expériences d’ISR (Investissement Socialement Responsables) sont intéressantes. Elles doivent également changer d’échelle, ce qui suppose l’information du grand public et la mobilisation du milieu bancaire.
Notons l’engagement de la Caisse des dépôts et Consignations qui a fait de la prise en compte du risque climatique dans ses décisions d’investissement, une priorité. Ainsi, elle oriente une partie de ses fonds vers des projets bas carbone (production d’ENR, économie d‘énergie, financement d’entreprises de la transition écologique et énergétique) et fait le choix de décarboner ses portefeuilles actions en se fixant un objectif de réduction de leur empreinte carbone. En outre, elle affirme vouloir utiliser son influence dans les décisions prises par les entreprises dont elle est actionnaire, afin de les orienter vers une plus grande transparence et performance environnementale.
Au plan international, l’événement « Climate Finance day », qui a réuni à Paris investisseurs, banques et assureurs, a démontré qu’une évolution rapide est en marche. De nombreux pays ont pris de l’avance (Brésil, Singapour, Afrique du Sud, USA..) : ils considèrent que l’intégration des facteurs sociaux et environnementaux dans la gestion des risques permet de renforcer l’efficacité du marché. La réorientation de la finance vers l’économie réelle – et d’avenir – devient une priorité.
Un processus international de négociation se met en place, et pourrait aboutir en 2015 à un accord pour financer une nouvelle économie. Un des points clefs est la mise sur le marché « d’obligations vertes » dont il faudra déterminer les normes et les process d’incitation.
La standardisation des informations à intégrer dans les rapports annuels des entreprises s’avère être un élément fondamental pour constituer un cadre commun d’analyse.
Face aux risques climatiques qui commencent à être mesurés de plus en plus précisément (Ex. au Kenya, la variabilité climatique coûterait chaque année 2,4 % de PIB), – et également aux opportunités que représente la Nouvelle économie -, une unanimité des acteurs se dessine pour une tarification effective du carbone, la suppression des subventions aux industries carbonées, la mise en place d’incitations pour une énergie propre, et une plus grande transparence des entreprises et des institutions financières.
La France, s’engagera-t-elle sérieusement dans la voie d’une finance au service de la Nouvelle Economie ? Il lui faudra notamment se libérer de sa dépendance vis-à-vis des certains acteurs bancaires dont la puissance est devenue un handicap majeur pour le changement.