La répartition des marges est une question essentielle. Il s’agit en effet de savoir comment elle est rémunérée et à qui elle va. Cette question n’a jamais abouti et elle est pourtant essentielle. Elle se pose au niveau de l’économie locale pour faire en sorte que la marge reste au territoire ,il en va de même dans les rapports entre TPE et grands groupes où la marge est captée par les grands groupes au détriment des plus faibles. Tant que l’on restera dans ce système, il est tout à fait clair que le Nouveau Monde ne pourra pas se développer.
La question est d’autant plus centrale qu’avec l’énergie solaire d’une part et Internet d’autre part nous débouchons sur une nouvelle abondance. La question est bien entendu celle de savoir où iront les marges constituées sur ces richesses quasi infinies. Va-t-on aller vers un système de coût marginal zéro comme le propose Jérémy Rifkin ou au contraire vers un renforcement du GAFA, qui priverait tous les autres acteurs des retombées réelles de ce nouvel eldorado.
Cette question de la marge rejoint celle de la création de la chaîne de valeur. En effet, les technologies innovantes ne peuvent pas se déployer sans la création de nouvelles chaînes de valeur. Par exemple, la voiture électrique nécessite de nouvelles infrastructures, la création de services d’entretien spécifique, le service de remplacement de gestion des batteries et si possible que les constructeurs mettent en place des mécanismes de reprise des anciens véhicules. Tant que l’ensemble de cette chaîne de valeur n’est pas en place le marché ne se développe pas. Le même raisonnement peut être appliqué à la chaîne de service de la rénovation énergétique issue de la conjugaison des nouvelles technologies d’un marché à faire émerger à savoir 15 millions de logements rénovés en France, 10 fois plus en Europe au travers de plates-formes agrégeant notamment, sensibilisation, information, formation, outil d’aide à la décision, compétence, financement, suivi etc. Il s’agit donc d’avoir une approche transverse, systémique qui pose dès l’origine la question de la création de valeur et de la répartition de la marge.