Payer son ticket de Metro avec des bouteilles usagées ! C’est l’initiative prise récemment par Pékin : en apportant 20 bouteilles PET dans le Distributeur on crédite sont titre de transport de l’équivalent d’un voyage… La mesure pourrait être étendue à d’autres gisements à recycler : canettes, etc.
Cette initiative rappelle celle prise il y a une trentaine d’année par Jaime Lerner, Maire de Curitiba au Brésil. Afin d’enrayer la spirale infernale démographie – pauvreté – déchet, il avait mis en place des containers métalliques à proximité des favelas (un par classe de déchet : métal, plastique, verre) et commença à distribuer des titres de transport et des cahiers d’écolier en échange de déchets collectés et triés.
Elle est reconnue aujourd’hui comme une des actions clé ayant permis le « Miracle de Curitiba », le taux de participation des ménages ayant atteint 70%.
Au-delà de la simple rémunération pour service (écologique) rendu, il faut analyser ces expériences dans la pleine dimension des monnaies complémentaires. Si la bouteille à recycler ou la poignée de déchets métalliques permet d’acheter un service, c’est donc une monnaie dans sa définition d’Intermédiaire d’Echanges.
La fascinante expérience du Chiemgauer en Bavière (et du Sternaler) ainsi que d’autres exemples qui perdurent de par le monde devraient attirer notre attention.
Le Chiemgauer favorise les échanges locaux en redonnant un avantage de pouvoir d’achat aux consommateurs (Pour 100€ on obtient 103 Chiemgauer. C’est une monnaie adossée à l’Euro). Le différentiel de coûts est assumé par le commerçant qui en échange bénéficie de la promotion publicitaire que lui réalise l’émetteur de la monnaie (un intermédiaire financier traditionnel du territoire). Un système de « démurage » empêche cette monnaie d’être stockée à des fins de spéculation.
A Japon, le système FureaiKippu permet notamment de fédérer l’aide à la personne âgée. Une gratification en échange de services est comptabilisée en fonction du temps et de la tâche et est créditée sur un compte électronique supervisé par les autorités publiques (C’est une monnaie non adossée sur la monnaie officielle, elle s’exprime en heures. On ne parle pas de « prix » stricto sensu). A l’âge de la retraite, le détenteur de ce compte peut en bénéficier ou bien transférer toute ou partie de ce compte à une autre personne de son choix.
Plusieurs expériences sont menées en France notamment à Toulouse et Montpellier, ce système du Chiemgauer a été proscrit et de manière globale les Pouvoirs Publics restent très réticents.
Un projet en cours pour la réduction des externalités par émission de monnaie complémentaire : Ars Civis, l’intelligence citoyenne pour la transition énergétique et circulaire des territoires
Ars civis réunit citoyens, entreprises et collectivités locales dans de nouveaux réseaux d’échanges locaux qui sont monétisés au moyen de monnaies digitales locales de contribution. Ces réseaux d’échanges ont pour objectif de mettre les citoyens en capacité de devenir les coproducteurs de la transition, en les intéressant économiquement et socialement à la mise en œuvre d’un nouveau modèle de développement local. Dans une 1ère étape, Ars civis vise le climat et l’énergie.
Pour fluidifier les échanges et accélérer la mobilisation citoyenne, Ars civis a fait le choix d’adopter un fonctionnement de place de marché digitale, en s’adaptant aux spécificités de chaque territoire. Concrètement :
Le citoyen inscrit sur la plateforme se voit proposer des éco-pratiques personnalisées et géolocalisées, dans les domaines de l’habitat, la mobilité et la consommation courante ,
Il est rétribué en monnaie locale à hauteur des externalités négatives évitées ,
Avec la monnaie, il peut payer les produits et services écoresponsables, proposés par les entreprises engagées localement, les services publics ou les citoyens eux-mêmes ,
Il peut modifier individuellement et collectivement les tendances grâce aux indicateurs de contribution qui lui sont délivrés.
Fournie en marque blanche aux collectivités locales, Ars civis est déployée dans une logique à la fois descendante (inscription dans les politiques locales) et ascendante (participation des parties prenantes locales aux modalités de fonctionnement de la monnaie, proposition de nouvelles marges de manœuvre sous la forme de projets et services citoyens), avec l’ambition de devenir un des catalyseurs de la concertation locale.
Une expérimentation est en cours de développement avec le soutien de la Région Rhône Alpes, ainsi que celui du Crédit Coopératif. Cette expérimentation donnera lieu au bêta test d’une application digitale dans une 1ère ville pilote, Annecy.
Parmi les objectifs fixés à l’expérimentation figure l’étude d’un financement de la monnaie locale au moyen des budgets publics d’évitement induits par la mobilisation. Fondé sur une valeur locale du carbone, ce financement pourrait aussi s’inscrire comme un outil de financement de la transition bas carbone du système productif local.
Ars civis est portée par ses deux cofondatrices : Caroline Alazard, entrepreneuse experte en innovation au service de la transition, affichage environnemental et RSE – Sophie Labrousse, ancienne élue de terrain, experte en p de ne pas apparaître de la semaine dernière m’avait indiqué m’envoyer un ilotage et animation de projets socio-environnementaux.

Or, ces monnaies pourraient constituer des leviers économiques intéressants afin de prendre en compte les externalités dans nos échanges et favoriser les transactions à faibles externalités.