La focalisation autour de l’énergie nucléaire, quelles que soient ses difficultés qui vont croissantes constitue un blocage qui est l’origine des faiblesses à répétition du secteur de la transition énergétique à savoir des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. La législation, le financement, la fiscalité, sont la cause du très faible développement du renouvelable en France qui a finalement assez peu progressé en 20 ans et qui aujourd’hui est dans l’incapacité d’atteindre les objectifs fixés dans le cadre communautaire pour 2020. La loi sur la transition énergétique constitue un tournant mais elle reste encore pour partie au mileu du gué.
Les différents acteurs qui ont été rencontrés au cours de la mission, que ce soit dans le cadre de l’éolien, de la petite hydroélectricité, du solaire, du bois sont unanimes pour décrire les obstacles insurmontables auxquels ils se heurtent. Pourtant, nous devrions tous comprendre que ce combat mené par l’industrie nucléaire et ses soutiens est un combat perdu à terme pour la simple raison que le nucléaire est en passe de devenir l’énergie la plus chère du monde.
Le solaire (principalement photovoltaïque) devient la grande énergie du XXIème siècle. Le changement de paradigme est d’abord économique et stratégique. La ressource exploitable sur le territoire national excède 35 000 TWh/an, soit plus de 70 fois la consommation électrique du pays, ce qui en fait de très loin notre première ressource naturelle. Son coût est aujourd’hui égal ou inférieur à celui des autres sources d’énergie : des parcs solaires vont être construits en France en 2015 avec un tarif (T5) de 70 €/MWh, et la baisse se poursuit à un rythme supérieur à 5% par an. C’est déjà un niveau comparable à celui d’énergies conventionnelles, dont les coûts sont durablement orientés à la hausse, telles que le gaz naturel et le nucléaire (dont le coût a été estimé à 62 €/MWh en 2014 par la Cour des Comptes pour le parc existant – avec une approche minimaliste des coûts de stockage et de démantèlement).
La mutation est aussi technologique, sociale et territoriale. L’énergie solaire, qui peut être produite partout, est ainsi le vecteur idéal de l’autoproduction et s’inscrit parfaitement dans l’économie du Nouveau Monde.
Produire localement et consommer intelligemment (modulation de la demande, stockage d’électricité sous forme de chaleur (ballon d’eau chaude) ou de froid, ou encore dans des batteries stationnaires ou embarquées), telle est la nouvelle logique des réseaux distribués.