Le marché biologique représente aujourd’hui 5 milliards de chiffre d’affaire, soit 2,9 % du marché alimentaire national. Il est organisé autour de 9000 préparateurs. Le secteur agroalimentaire dans son ensemble compte 80 000 entreprises développant un CA d’environ 170 milliards d’euro. Selon Coop de France, 550 coopératives sont impliquées en bio.
Il est difficile d’évaluer le nombre d’emplois bio alimentaires et non alimentaires dans les entreprises de transformation et de distribution pour 5 milliards de chiffre d’affaires, sans doute 20 000 emplois. Les exploitations agricoles bios représentent environ 60 000 emplois agricoles. Avec la distribution (2000 points de vente spécialisés), cela représente donc 100 000 emplois directs et indirects, en croissance régulière malgré un certain nombre de freins.
Le nombre d’emplois pourrait, selon les responsables de la filière (SYNABIO janvier 2015), augmenter de 50 % en 10 ans avec une forte augmentation du marché attendue basée sur un taux historique de croissance de 8 à 10 % bon an mal an , susceptible de s’ amplifier de 3 à 5 % avec un soutien adapté. Les emplois agricoles bios pourraient croître de 50 % pour répondre à la demande, ceux de la transformation et de la distribution de 40 %. Ce potentiel est d’autant plus crédible qu’aujourd’hui 40% du bio consommé en France est importé. Ce qui représente une vraie opportunité de croissance de la production notamment en production végétale pour l’alimentation humaine mais également pour l’alimentation animale.
L’agriculture bio s’inscrit parfaitement dans la logique du Nouveau Monde puisque ce sont des filières locales, pourvoyeuses d’emplois sur le territoire, qui s’inscrivent dans l’économie du bienêtre à fortes externalités positives. Elle doit donc se développer ce qui implique un certain nombre d’innovations proposées par la filière
Le secteur s’est structuré, il doit l’être davantage.
Les propositions sont formulées par ce secteur et méritent d’être prises en considération. (Annexe contribution Charles Kloboukoff). On en retiendra quelques-unes qui paraissent essentielles.
● La création d’un fonds national structurel participatif bio/vert d’aide à la transmission et au développement sur le territoire. Ce seraient des placements à faible rendement mais fiscalement incités. Ces prêts à moyen terme à taux bonifié favoriseraient la reprise ou le développement des sociétés françaises bio par des sociétés françaises familiales ou indépendantes (PME et ETI), dans une enveloppe plafonnée à 50 % de l’investissement en capital avec remboursement à 7 ans et franchise de deux ans.
● L’augmentation des aides vertes nationales en complément de subventions régionales à l’investissement industriel cumulable aux aides publiques avec un plafond de cumul d’aides à 50 % du montant de l’investissement et avec engagement de création d’emplois ouverte aux TPE, aux PME et aux ETI.
● Le soutien à la création d’emplois verts, type ancien programme prime d’aménagement du territoire : 10 000 € par emploi créé dans des programmes sur 3 ans, 10 mini pour PME, 30 mini pour ETI.
● L’intégration des externalités positives qui seraient évaluées et rémunérées sur la forme d’une TVA réduite pour les produits bio soit 2,5 % pour les produits alimentaires labellisés bio AB et 10 % pour la cosmébio.
● Le soutien à la bio dans la restauration collective
● Le maintien des primes à la conversion
● Enfin, les exemples trop rares de Vittel ou la Société des eaux de Paris dans l’Yonne devraient être largement étendus. Il s’agit de la politique menée par des villes comme New York ou Munich consistant à aider les agriculteurs à se convertir à l’agriculture biologique de manière à préserver la qualité des eaux ce qui permet en aval d’en réduire de manière massive le coût de traitement