En dehors de l’agriculture biologique, il est tout à fait clair que le « big data » est un outil extrêmement important pour l’avenir de l’agriculture. Il permet d’envisager la deuxième révolution verte. Celle-ci a deux caractéristiques : 1/ elle est respectueuse des spécificités de l’exploitation et de son biotope ce qui signifie que les processus dynamiques sont privilégiés et les traitements ne sont ni systématiques ni préventifs.
2/ elle s’appuie sur les nouvelles technologies au premier rang desquelles le numérique et la donnée informatisée. Aux Etats-Unis cela s’appelle le « micro planting » soit l’utilisation massive de datas au sein des exploitations agricoles, quelles qu’en soient leurs caractéristiques, pour en accroitre la productivité.
Elle repose sur l’idée que, alors que les paramètres entrant en ligne de compte dans le biotope agricole sont extrêmement nombreux, les modèles n’en tiennent compte que de manière très limitée.
Or, l’exemple américain, et certains exemples des pays du Sud montrent qu’un traitement algorithmique des informations remontées par les capteurs que l’on trouve sur les exploitations agricoles, permettent une appréciation beaucoup plus fine du contexte réel dans lequel se trouvent les plantations considérées et du potentiel des fonctionnalités écosystémiques. Cela permet de limiter considérablement les besoins en intrants et en eau pour débuter. Cependant, les acteurs institutionnels ne jouent pas leur rôle et ces techniques sont le plus souvent méconnues par les agriculteurs.

Mettre en œuvre à grande échelle les techniques de « big data » permettrait d’accroitre sensiblement la qualité de la production et de réduire fortement les coûts d’exploitation. (Annexe contribution Gilles Babinet) Cela nécessiterait également que Météo France ouvre l’accès à ses données.

Les enjeux sont énormes. Comme le note Gilles BABINET « ils vont de l’émergence d’un écosystème national en matière de startup agricoles, de la formation de spécialistes du numérique agricole et de la diffusion des processus permettant la mise en œuvre de ces techniques».