Le cabinet Huglo Lepage Avocats et Finergreen, membres du MENE, ont souhaité prendre position à propos du scénario alternatif énergétique à choisir via un cahier d’acteur.

Le Cabinet Huglo Lepage Avocats est un cabinet « full services » en environnement et droit public, pionnier du droit de l’environnement. Il intègre un large écosystème collaboratif d’open innovation. Le cabinet apporte des réponses juridiques aux nouveaux enjeux liés aux bouleversements économiques, sociaux et environnementaux. FINERGREEN est un cabinet de conseil spécialisé dans le financement de projets d’énergie renouvelable (solaire, éolien, hydroélectricité, biomasse).

Le Réseau du Transport d’Electricité a proposé 5 scenarios pour lesquels il n’y a pas d’impossibilité de réalisation.

Les 5 scénarios proposés sont les suivants :

  • Scénario AMPERE avec une diminution de la part du nucléaire plafonnée à 50 % sans recours à de nouveaux moyens thermiques,
  • Scénario HERTZ avec un développement moins rapide des énergies renouvelables, de nouveaux moyens thermiques et un plafonnement à 50 % du nucléaire,
  • Scénario VOLT accélérant le développement des énergies renouvelables et une plus grande diversification du mix énergétique,
  • Scénario WATT qui limite à 40 ans la vie des centrales nucléaires et développe les énergies renouvelables selon une trajectoire volontariste,
  • Scénario OHM qui respecte la loi sur la transition énergétique et prévoit la fermeture d’une vingtaine de réacteurs nucléaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous proposons de retenir le Scénario WATT.

Ce scénario propose :

  • Un arrêt des centrales nucléaires avec pour échéance 40 ans. Ce scénario correspond donc à la fermeture de 54 réacteurs dont les réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim jusqu’en 2035.
  • Le rythme le plus élevé pour ce qui est du développement des énergies renouvelables. Il s’établit à 70 % de la production d’électricité en 2035 (35 % en 2025 et 55 % 2030). Cela implique l’usage de gaz et en particulier une augmentation des usines de cogénération.
  • Des dépenses annuelles modérées et une baisse de la consommation de l’énergie finale à l’échelle nationale pour, notamment, réduire au maximum l’utilisation de moyens thermiques.
  • Même dans le scénario WATT la France reste exportatrice nette avec un rôle important des interconnexions.
  • Les émissions de gaz à effet de serre demeurent stables en 2025 par rapport au scénario actuel. Est à souligner qu’avec le tout nucléaire actuel les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi ce scénario ?

 Il s’agit du scénario le plus cohérent au regard de la réalité de la consommation d’énergie nationale, de la capacité réelle d’EDF à assurer la sûreté nucléaire,  du bénéfice à tirer de la baisse des coûts associés à la production d’énergie renouvelable et enfin du développement des nouvelles filières tant dans l’efficacité énergétique que dans les énergies renouvelables.

 

La question de l’exportation, de la consommation et l’usage

Les deux scénarios retenus, AMPERE et VOLT, reposent sur une augmentation massive de la consommation européenne en énergie. Dans ces scénarios, cela se traduit par une exportation d’énergie prévisionnelle totalement incohérente au regard des scénarios de nos voisins européens quant à leur importation d’énergie nucléaire actuelle. En effet, nous avons exporté 38 térawatt-heures en 2017, soit moitié moins que dans les années 2014/2015. En s’extrayant de la réalité de cette tendance, les scénarios AMPERE et VOLT sont construits sur l’hypothèse d’exportations élevées à 134 et 159 TWh inenvisageables au regard des politiques menées par les pays européens tels que l’Italie ou l’Espagne qui sont en plein développement des énergies renouvelables.

Par ailleurs, nous devons baisser notre consommation énergétique au regard des engagements que nous avons pris que ce soit au niveau national (loi LTCEV), européen (Paquet Climat-Energie 2014) ou international (Accord de Paris 2015, entrée en vigueur novembre 2016). Les deux scénarios retenus ne permettent pas de tenir les objectifs fixés en matière de baisse de consommation. En revanche le scénario WATT, lui, permet de respecter ces engagements.

Le sujet de la consommation, bien que central, n’est quasiment pas traité dans la PPE. En effet, en France l’intensité énergétique nationale (ratio de la consommation d’énergie au PIB) a connu une baisse annuelle de 1,4% sur la période 2000-2016. C’est de cette tendance que le scénario WATT tient compte. Cette baisse globale de la consommation énergétique est notamment le résultat des améliorations des usages dans différents secteurs : l’immobilier, le transport, l’industrie manufacturière. Nous devons continuer d’accroître notre efficacité énergétique.

Sur la part du nucléaire le scénario WATT est un scénario rationnel :

 Le scénario WATT est rationnel en ce qu’il prend en compte le risque nucléaire majeur au- delà de 40 ans de vie des centrales nucléaires et la réalité de la situation financière d’EDF qui ne peut en l’état assurer un niveau de sûreté compatible avec les exigences communautaires post Fukushima.

Il n’intègre pas la construction de nouvelles centrales nucléaires tout simplement parce que l’intérêt national est contraire, qu’il s’agisse de l’acceptabilité de nouvelles centrales, de leur coût déraisonnable et de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons en ce qui concerne les déchets et le démantèlement.

  • Sur l’intérêt économique

 Le scénario WATT permet de bénéficier des prix beaucoup plus bas des énergies renouvelables parce qu’il retient un prix du kilowattheure de 48 € très proche de celui du scénario AMPERE (46 €) et, ces prix n’intègrent pas les baisses très importantes attendues tant en ce qui concerne la production qu’en ce qui concerne le stockage de l’électricité renouvelable. Ce qui signifie en effet qu’à l’avenir, le prix de l’énergie pourrait être inférieur à ces estimations prévisionnelles.

  • Sur l’intérêt industriel et l’emploi

Les entreprises du MENE sont soucieuses de voir se développer à l’étranger les nouvelles filières qui ont été découragées en France depuis 30 ans. La qualité de l’ingénierie française devrait nous permettre de gagner des parts de marché sur les nouveaux créneaux que sont le stockage de l’électricité, les diverses énergies marines, le solaire de deuxième génération.

L’enjeu de ce scénario s’exprime également au travers des potentiels emplois liés à l’ambition d’une transition énergétique principalement tournée vers les énergies renouvelables. En effet le tableau 1 en page 4 présente le nombre d’emploi que permettent les énergies renouvelables (Sources : SFEN 2017 – Calcul des emplois de la filière nucléaire, SFEN-2017 Bilan emploi de la transition énergétique. Livre Blanc du SER présidentielle 2017. Irena 2017 data and statistics, EuroObserver Baromètre solaire et photovoltaïque 2017).

SUR LES EMISSIONS DE CO2, les scenarios Ser et Ademe sont  complémentaires :

L’augmentation attendue du CO2 qui est la critique majeure à ce scénario pourrait être réduite, comme le proposent les scénarios SER et Ademe, par un soutien accru au gaz renouvelable (développement du power to gaz). L’Ademe prévoit en 2050 une demande de gaz s’élevant à 293 TWh.


Le Mouvement des Entrepreneurs de la Nouvelle Economie (MENE) porte la conviction que l’économie du Nouveau Monde doit concilier intérêt général et création de valeur économique et financière.

Il rassemble, par les fédérations qu’il regroupe, près de 10 000 entreprises françaises, de tous secteurs et de toutes tailles, soucieuses de faire émerger une économie libérée des énergies fossiles et fissiles, connectée, territorialisée, humaine et respectueuse de l’environnement.

Le MENE a pour objectif de réunir tous les entrepreneurs convaincus de l’intérêt de la Nouvelle Economie et de sa force de proposition. Il participe aux grands débats nationaux pour initier un vrai changement. C’est pour cette raison que le MENE participe au débat public portant sur la PPE.