Les perspectives de développement de la production des énergies renouvelables proposées dans le cadre de la révision de la Programme Pluriannuelle de l’Energie (PPE) doivent être étudiées à la lumière à la fois du bilan carbone complet et des conséquences au-delà des frontières nationales. La fabrication des équipements nécessaires à cette production (panneaux photovoltaïques, pâles d’éoliennes, batteries de stockage, etc.), va impliquer une hausse de la demande de certains minerais et métaux.

A titre d’exemple, la quantité cumulée d’acier, de cuivre et d’aluminium nécessaire en 2050 pour générer les infrastructures de production électrique à partir d’énergies renouvelables atteindrait 6 à 11 fois la production mondiale totale de 2010.

Or, les processus d’extraction et d’exploitation de ces minerais et métaux ont des impacts environnementaux préoccupants. Les enjeux sont également d’ordre géopolitique et économique avec une production resserrée autour de quelques pôles producteurs (Chine, Amérique latine, Australie, Congo principalement).

Sauf à relancer une exploration minière ambitieuse, la France et l’Union européenne doivent investir dans des matériaux alternatifs et dans le développement de filières de recyclage performantes. Sur ce dernier point, il est nécessaire d’étudier la recyclabilité des infrastructures de production des énergies renouvelables et la disponibilité des ressources recyclées. Le MENE regrette que ces considérations ne soient pas suffisamment prises en compte dans les projets actuels de révision de la PPE.

Un accroissement de la demande des métaux critiques à considérer

 Quels sont les métaux dits critiques ?

Plusieurs types de métaux dits critiques vont être sollicités en grande quantité dans le cadre de la transition énergétique et plus particulièrement pour la production d’énergies éolienne, photovoltaïque et les batteries électriques.

Les métaux rares (qui regroupent 17 métaux) sont le plus souvent extraits conjointement avec d’autres minerais. Elles demandent, au-delà des activités d’extraction proprement dites, des filières de raffinage. 90% de la production provient actuellement de la Chine.

D’autres métaux, listés par l’Union européenne en 2011 (révision en 2017 portant leur nombre à 27) sont jugés critiques. Dans la majorité des cas, les métaux identifiés sont peu substituables et ne bénéficient pas d’un taux de recyclage significatif.

A titre d’exemple, le cobalt est présent dans la plupart des technologies de batteries, il influence le coût de production et est identifié par les industriels de ce secteur comme la substance la plus critique. Cette criticité du cobalt s’explique également par l’offre. En tant que sous-produit du cuivre et du nickel, l’augmentation de production est contrainte par ces marchés. De plus, un risque d’approvisionnement existe étant donnée la forte concentration de la production minière avec comme principal producteur la République Démocratique du Congo (65 %).

Les projections des besoins pour la transition énergétique et la mobilité électrique

Largement mises à contribution dans les différents scénarios permettant de contenir le réchauffement climatique, les technologies renouvelables pourraient d’ici plusieurs décennies devenir les premières sources d’énergies à l’échelle planétaire. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime par exemple qu’une part de 74% d’énergies vertes dans le mix énergétique mondial sera nécessaire d’ici 2060 (contre 24% en 2016) pour limiter l’augmentation des températures à 2°C.

En considération de ces éléments, la Banque mondiale, dans un rapport publié le 18 juillet 2017, détaille les types de minerais et de métaux dont la demande augmentera avec la progression de l’énergie éolienne, de l’énergie solaire et des batteries de stockage. Une augmentation significative de la demande d’acier, d’aluminium, d’argent, de cuivre, de plomb, de lithium, de manganèse, de nickel et de zinc, ainsi que de certains métaux rares, telles que l’indium, le molybdène et le néodyme est attendue.

A titre d’exemple, l’éolien impliquerait une augmentation de la demande d’un facteur 7 à 20 en certaines terres rares ; le photovoltaïque d’un facteur 3 en étain, argent, gallium, sélénium, silice, plomb, tellurium, Iridium, cadmium.

Cette hausse pourrait d’ailleurs être particulièrement marquée sur le segment des accumulateurs électriques, où l’augmentation de la demande de métaux (aluminium, cobalt, fer, plomb, lithium, manganèse et nickel) pourrait être multipliée par 10 d’ici 2050 pour répondre à l’accroissement des véhicules électriques et des systèmes de stockage stationnaires.

Les métaux rares ne seront pas les seuls à voir leur demande augmentée, les métaux de base (acier, cuivre, aluminium) vont être également très sollicités par la transition énergétique. En effet, certains métaux comme l’acier sont particulièrement stratégiques pour répondre aux besoins du développement des énergies renouvelables. Le marché de l’éolien va exiger d’ici 2050 près de 3 fois plus que la production d’acier mondiale.

La quantité cumulée d’acier, cuivre et d’aluminium nécessaire en 2050 pour générer les infrastructures de production électrique à partir d’énergie renouvelables atteindrait 6 à 11 fois la production mondiale totale de 2010.

 

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