Un impact environnemental souvent ignoré

Les énergies renouvelables pourraient consommer plus de ressources que les systèmes traditionnels basés sur les énergies fossiles.  En effet différents travaux académiques et rapports internationaux font état d’une consommation de matières premières plus importante pour les infrastructures nécessaires au kWh produit par les sources d’énergie renouvelables que pour les énergies traditionnelles.

Si ces technologies renouvelables offrent une production d’électricité totalement décarbonée, les processus d’extraction des minerais et métaux pour la fabrication des équipements nécessaires à cette production sont souvent très consommateurs d’énergies fossiles, sous forme d’électricité comme de carburant, en plus d’exercer un impact direct sur les ressources en eau, les écosystèmes et les communautés environnantes.

L’exemplarité et la « durabilité » de cette transition résidera donc dans les conditions d’exploitation de ces minerais et métaux, dans l’optimisation du recyclage de ces derniers ainsi que dans la capacité des industriels à développer des solutions de substitution.

Des impacts économiques et géopolitiques à ne pas négliger

La transformation énergétique vient soutenir une demande déjà dynamique de ces minerais et métaux dont les gisements sont concentrés dans un nombre limité de pays. Historiquement, les Etats-Unis étaient leader sur le marché. Avec la prise de conscience écologique des années 80, les occidentaux ont progressivement fermé les mines.

Désormais, la Chine est leader sur la production d’une importante quantité d’entre eux. Son rôle retient particulièrement l’attention en raison des restrictions aux exportations de terres rares qu’elle applique et compte tenu des investissements qu’elle consent dans le monde pour s’assurer un approvisionnement en plusieurs métaux critiques ainsi que dans les autres maillons de la chaîne de valeur des technologies bas carbone. La Chine est un acteur dominant comme producteur et comme consommateur de métaux critiques : elle représente 88% de l’offre et 58% de la demande pour les seuls métaux rares. Elle représente également 60% de la capacité mondiale de production de cellules photovoltaïques et 50% de la capacité mondiale de production d’éoliennes.

La Bolivie, l’Argentine, le Chili, la République démocratique du Congo, l’Indonésie regorgent de ces métaux et minerais et souhaitent s’inspirer de l’exemple chinois en captant leur valeur ajoutée. « C’est le danger d’une dépendance accrue » affirme Guillaume PITRON.

Ces impacts géopolitiques se font déjà ressentir. Les Etats-Unis ont notamment établi une liste provisoire des substances critiques pour l’économie américaine. Le Congrès « African Mining Indaba » de février 2018 en Afrique du Sud faisant également état des évolutions géopolitiques et économiques à venir et notamment la hausse importante des coûts dans certains secteurs (notamment le cobalt et le cuivre).

Sauf à relancer une exploration minière ambitieuse, la France et l’Union européenne doivent étudier l’opportunité de substitution de matériaux alternatifs et la performance des filières de recyclage. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de faire en sorte que cette transition énergétique ne soit synonyme ni d’épuisement des ressources naturelles dont nous ne pouvons garantir la disponibilité ni d’une hyper-dépendance économique et géopolitique. Le MENE interpelle les décideurs publics afin d’intégrer ces considérations dans le cadre de la révision en cours de la PPE.

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