Ecologic et FEDEREC, membres du MENE, ont souhaité s’exprimer à propos de la stratégie à adopter envers les métaux rares.

Lors du débat PPE du 30 mai sur la question de la consommation et de l’usage de l’énergie organisé par le MENE, FEDEREC s’est exprimé et a développé ses arguments.

Développer une connaissance plus approfondie des besoins en matières premières pour la transition écologique et énergétique…

Afin de mesurer les impacts environnementaux, économiques et géopolitiques et d’en neutraliser les effets indésirables, il est indispensable de prendre en compte la dimension « matières premières » des politiques de la France.

Dans l’état actuel des connaissances, les besoins en matières premières pour construire les infrastructures de production d’énergies renouvelables sont sensiblement plus élevés par kWh produit que ceux des installations actuelles de production d’électricité à partir d’énergies fossiles ou nucléaires.

Il apparaît donc nécessaire de mieux caractériser collectivement les évolutions technologiques indispensables, leurs échéances probables et leurs conséquences en termes de demande en matières premières au regard de leur disponibilité pour réussir la transition énergétique avec un degré de dépendance acceptable.

Certaines matières premières nécessaires sont issues des marchés internationaux. La sécurisation pour notre industrie des approvisionnements en ressources du point de vue des volumes et des prix, tout en maîtrisant l’impact environnemental, est une condition nécessaire à son développement.

La temporalité et la vitesse de mise en œuvre de la transition énergétique aura un impact sur la consommation de ressources minérales. Une transition rapide et massive nécessairement basée sur des technologies actuelles sera fortement consommatrice par rapport à une transition progressive permettant l’emploi de technologies plus économes en ressources.

…pour élaborer une stratégie intégrant la recyclabilité et le recyclage

Le recyclage permettra de diminuer la sollicitation en matières primaires par la fourniture de matières premières d’origine différente. Il limitera à la fois la dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers et les dégâts causés à l’environnement par l’exploitation minière dans ces pays producteurs.

Aujourd’hui, les quantités concernées sont très faibles. Plusieurs freins sont identifiés auquel il serait pertinent de répondre dans le cadre la PPE :

  • La rentabilité économique et les implications organisationnelles que suppose le recyclage ;
  • Le caractère limité de la disponibilité en métaux stratégiques issus des déchets face à une demande mondiale croissante ;
  • L’absence d’écoconception qui complexifie l’extraction des matières stratégiques, voire la rend impossible ;
  • La présence d’indésirables (ex : plastiques) qui vont venir perturber les procédés d’hydro ou de pyrométallurgie.

Par ailleurs, les infrastructures des énergies renouvelables mettent au moins 10 ou 20 ans pour arriver en fin de vie. « A terme, les quantités de déchets recyclables disponibles devraient toutefois croître fortement. Selon l’Université des Nations Unies (UNU), la quantité de DEEE pourrait atteindre 50 millions de tonnes dès 2018. En 2050, 60 à 78 millions de tonnes de déchets de panneaux photovoltaïques devraient être disponibles » précise l’IFRI.

Pour le lithium et le cobalt, une part très réduite de la ressource utilisée provient à ce jour du recyclage mais avec une durée de 7 à 8 ans, l’activité de la batterie recyclée devrait monter en puissance vers 2021. Le recyclage des aimants permanents contenant des terres rares (néodyme-dysprosium) pourrait contribuer en 2020 à hauteur de 8 à 16% dans l’approvisionnement en terres rares (BRGM 2015) – à noter que le démantèlement du parc éolien français, qui est un important gisement d’aimants permanents, ne sera pas à envisager avant 2030-2040.

Au regard de ces opportunités, des activités de recyclage se sont développées dans d’autres pays, notamment au Japon.

Pour les métaux de base, le recyclage devra également monter en puissance compte tenu des déséquilibres qui s’annoncent entre l’offre et la demande.

La France gagnerait à structurer rapidement des filières de recyclage en mobilisant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur et en travaillant notamment sur l’éco-conception afin de garantir une meilleure utilisation des ressources.

 

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