Alliance Green IT, LCEET (La Compagnie Énergie et Territoires) et Économie d’énergie, membres du MENE, ont contribué au débat PPE en formulant des propositions  à propos de la consommation et de l’usage de l’énergie.

Le MENE souhaite que le gouvernement mette en place davantage de mesures incitatives en matière d’usages, de consommation et d’efficacité énergétique. Il pointe les sujets absents au débat et propose une autre vision.

Ces propositions viennent s’ajouter et compléter les points de vue déjà apportés par 3 autres membres du MENE dans d’autres articles publiés sur notre site qui sont :

  • La problématique des métaux rares, rédigé par Ecologic et FEDEREC: Les perspectives de développement de la production des énergies renouvelables proposées dans le cadre de la révision de la Programme Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) doivent être étudiées à la lumière à la fois du bilan carbone complet et des conséquences au-delà des frontières nationales.
  • Le potentiel de l’énergie fatalede l’Institut national de l’économie circulaire (INEC): L’INEC se positionne pour une optimisation de l’usage de l’énergie. Au-delà de la mobilisation de nouveaux moyens de productions renouvelables, les énergies de récupération, principalement la chaleur fatale, constituent un enjeu de taille.
  • Le scénario WATT, un scénario cohérent, écrit par les Cabinets Huglo-Lepage et Finergreen : Il s’agit du scénario le plus cohérent au regard de la réalité de la consommation d’énergie nationale, de la capacité réelle d’EDF à assurer la sûreté nucléaire, du bénéfice à tirer de la baisse des coûts de renouvelables et enfin du développement des nouvelles filières économiques tant dans l’efficacité énergétique que dans les énergies renouvelables.

Ces 3 articles portent les conclusions suivantes, qui nous permettent d’introduire dorénavant les enjeux du numérique dans la PPE, l’autoconsommation et l’efficacité énergétique :

Nos propositions aborderont ici les thèmes suivants :

  • L’autoconsommation, une piste encore trop peu encouragée et investie: Le gouvernement doit aller encore plus loin en donnant un véritable cadre juridique aux producteurs et consommateurs d’énergie en circuit court. Cette approche de consommation énergétique territoriale s’inscrit dans une logique durable de circuit court, production et consommation étant relocalisées.
  • Les enjeux du numérique, consommation et usage : Le Mouvement des Entrepreneurs de la Nouvelle Economie pointe l’absence aux débats des enjeux de la réduction de nos consommations. C’est d’autant plus vrai dans le numérique et dans l’usage que nous en faisons.
  • L’ efficacité énergétique : le débat sur la PPE pose une réflexion concernant l’avenir énergétique de la France et force est de constater que l’efficacité énergétique doit être considéré comme l’un des axes d’action majeur et absolument fondamental.

L’usage, la consommation d’énergie et le Numérique

Les usages face à l’énergie grise

Par Romuald Ribault Trésorier de l’Alliance Green IT (AGIT), Trésorier du MENE et Directeur Marketing d’Ecologic

Le MENE regrette l’absence aux débats des enjeux de la réduction de nos consommations. C’est d’autant plus vrai dans le numérique et dans l’usage que nous en faisons.

En 2015, en France, le numérique a consommé environ 56 TWh d’électricité sur un total de 476 TWh, soit environ 12 % de la consommation du pays. La consommation annuelle des usages numériques augmentera de l’ordre de 25 % d’ici 2030 (+15 TWh/an).

Outre la consommation électrique des équipements électroniques il convient de considérer aussi l’énergie consommée pour leur fabrication et l’extraction des matériaux qui les composent, l’énergie grise. Celle-ci représenterait environ 20% de l’énergie de fonctionnement totale. D’où l’intérêt de rendre nos appareils électroniques plus durables, réparables, réutilisables, et recyclables.

Mais il faut surtout éco-concevoir globalement le service numérique en mesurant les impacts de l’utilisation de la chaine complexe d’équipements qui le compose. En intégrant toutes les externalités et en les affichant on favorise une démarche plus responsable qu’une autre à service équivalent.

La PPE doit intégrer ces enjeux et suivre régulièrement les innovations rapides du secteur du numérique. Il faut envisager une véritable politique visant à favoriser l’allongement de la durée de vie des équipements, l’éco-conception des services numériques et l’innovation en matière d’innovation énergétique. Enfin il est urgent de faire prendre conscience aux utilisateurs des impacts de leurs usages numériques par une campagne nationale de sensibilisation visant à encourager les comportements les plus vertueux.

Les enjeux et le potentiel de l’autoconsommation

Par Jean Rapenne, Directeur de LCEET

Une dynamique en train de s’amorcer

Le gestionnaire de réseaux publics de distribution d’électricité (GRD) Enedis comptabilisait, à la fin de l’année 2017, environ 20 000 autoconsommateurs. Ce chiffre reste pour l’instant très faible, mais une dynamique est en train de s’amorcer, près de la moitié des nouvelles demandes de raccordement des installations de production étant en autoconsommation.

L’énergie représente aujourd’hui un coût important pour les entreprises et les gestionnaires de territoires d’activités. Nous pensons que les solutions d’avenir reposent sur la coopération énergétique inter-entreprises au croisement de :

  • la mutualisation de moyens et services,
  • de la production d’énergie renouvelable,
  • des leviers d’optimisation au bénéfice de la rationalisation des coûts,
  • de l’économie circulaire,
  • et de l’autonomie énergétique des territoires (solutions décentralisées, autoconsommations…).

Une dynamique qui connait un certain nombre d’obstacles

Les obstacles rencontrés sont aujourd’hui principalement d’ordre organisationnel, financier, juridique, social et technique. En effet, si la loi du 24 février 2017 a donné un statut juridique aux autoconsommateurs individuels et que le gouvernement a mis en œuvre plusieurs dispositifs de soutien : tarif d’achat et appels d’offres, le cadre juridique demeure flou sur une éventuelle autoconsommation collective et pose la question des réseaux d’énergie autogérés.

Si la Commission de la Régulation de l’Energie va proposer un système de double tarification optionnel des tarifs d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE) afin qu’ils reflètent les coûts engendrés par les consommateurs qui produisent une partie de leur énergie, le gouvernement doit aller encore plus loin en donnant un véritable cadre juridique aux producteurs et consommateurs d’énergie en circuit court.

L’urgence et la nécessité d’une approche systémique

De plus, dans le cadre de la transition énergétique, les thématiques notamment :

  • celle du chauffage, du refroidissement,
  • de l’électricité, de l’eau, du gaz, …
  • des réseaux locaux,
  • de la transformation d’énergie primaire,
  • de déchets d’activités économiques en ressources renouvelables mutualisables,

doivent être traitées dans une vision systémique partant avant tout des besoins énergétiques et des ressources d’un territoire dans son ensemble.

Cette approche de consommation énergétique territoriale s’inscrit dans une logique de circuit court, production et consommation étant relocalisées.

 

L’efficacité énergétique

Par Myriam Maestroni, Présidente-Fondatrice de la société Economie d’Energie et de la Fondation E5T

 

 Pilier de la transition énergétique, au cœur de la PPE…

 La seule énergie qui n’émet aucun gaz à effet de serre est celle qu’on ne consomme pas!

En plein débat sur la PPE qui pose une réflexion concernant l’avenir énergétique de la France, force est de constater que l’efficacité énergétique est plus que jamais un axe d’action majeur et absolument fondamental…  et pour cause!… On ne répétera sans doute jamais assez que la seule énergie qui n’émet aucun gaz à effet de serre, et qui est aussi la moins chère, est celle que l’on ne consomme pas… et elle a sans aucun doute son rôle à jouer comme faisant partie intégrante du mix énergétique.

Les approches adoptées sont d’une grande disparité

Ainsi à l’heure où nous en sommes tous réduits à constater l’accélération du changement climatique devenue urgence absolue, le sujet de l’efficacité énergétique fait consensus. Néanmoins, nous observons une grande disparité de propos et d’approches concernant la façon de définir le périmètre couvert par la question de l’efficacité énergétique au sens large, d’une part, et sur les meilleures façons de procéder pour optimiser les énormes gisements d’économie d’énergie, d’autre part. Il est, en effet à noter, à titre d’exemple que sur le seul sujet de la rénovation énergétique sont mobilisés de façon transverse, des acteurs et des compétences multiples, couvrant un large spectre de besoins caractéristiques d’un marché d’une taille considérable.

L’efficacité au coeur de la PPE

L’efficacité énergétique, identifiée comme devant permettre 27% d’économie d’énergie, est un sujet qui concerne tous les Français, tous les secteurs de l’économie :

  • le secteur résidentiel,
  • le secteur industriel,
  • le secteur du tourisme,
  • le secteur de l’agroalimentaire et de l’agriculture,
  • le secteur du tertiaire,
  • le secteur public et les bâtiments publics.

… dans le silence d’une  surconsommation globale plus qu’édifiante

ll s’agit d’un des axes faisant partie des fondamentaux aux côtés de l’accroissement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et de la diminution des énergies carbonées.

En effet, nous consommons trop !… et ces surconsommations sont particulièrement insidieuses car elles passent encore trop inaperçues, puisqu’aucune campagne de communication institutionnelle, massive et clairement destinée au grand public ne fait réellement état des données proprement édifiantes sur le sujet.

L’exemple alarmant du secteur résidentiel

Les données globales peuvent être déclinées en éléments beaucoup plus détaillés et, permettant, sans doute de mieux comprendre et appréhender la taille du problème. Un logement sur 2, soit 15 millions de logements sont en surconsommation dans notre pays, dans des proportions de 6 à 9 fois plus élevées qu’un logement qui serait construit neuf en respectant les spécifications applicables en matière de réglementation thermique actuelle (RT 2012).

Au niveau européen, ce sont 100 millions de logements qui sont concernés. Ces données sont basées sur l’existence, pour l’ensemble des pays européens d’une obligation de produire un DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) en cas de vente ou de location d’un logement. Le DPE a permis, depuis 2006, en France, d’établir une classification des logements en fonction de leur consommation, les moins consommateurs étant classés en catégorie A équivalents à 50kwh/m2/an, et les plus consommateurs et donc moins efficaces étant classés en catégorie G équivalents à plus de 450 kwh/m2/an.

 La position du MENE

La meilleure énergie c’est celle que l’on ne consomme pas. Le MENE souhaite que soit intégré à la PPE des mesures incitatives en matière d’usages, de consommation et d’efficacité énergétique.


 Le Mouvement des Entrepreneurs de la Nouvelle Économie (MENE) porte la conviction que l’économie du Nouveau Monde doit concilier intérêt général et création de valeur économique et financière. Il rassemble, par les fédérations qu’il regroupe, près de 10 000 entreprises françaises, de tous secteurs et de toutes tailles, soucieuses de faire émerger une économie libérée des énergies fossiles et fissiles, connectée, territorialisée, humaine et respectueuse de l’environnement. Le MENE a pour objectif de réunir tous les entrepreneurs convaincus de l’intérêt de la Nouvelle Économie et de sa force de proposition. Il participe aux grands débats nationaux pour initier un vrai changement. C’est pour cette raison que le MENE participe au débat public portant sur la PPE.