L’Université du MENE s’est déroulée jeudi 22 novembre dernier à Kedge Business School, dans le Parc National des Calanques. Y ont été abordés de nombreux thèmes, en rapport avec la nouvelle économie climatique et ses opportunités.

 

Introduction

Robert Assante, Adjoint au maire de Marseille délégué à l’environnement, a ouvert l’Université en rappelant l’importance des territoires dans la mise en place d’une nouvelle économie, au service de l’environnement, et notamment leur capacité mobilisatrice. L’adjoint a ainsi insisté sur l’importance et le potentiel du MENE, qui a la capacité de réunir autour de sa vision de la nouvelle économie bien des alliés.

Christophe Mouysset, chargé des relations entreprises et Jean-Christophe Carteron, directeur RSE à Kedge BS ont suivi tous deux en soulignant l’importance grandissante du “sens” dans la quête de travail des étudiants aujourd’hui. Ce changement de relation avec le travail s’inscrit d’ailleurs, argue Jean-Christophe Carteron, au sein d’un changement de paradigme général. Il est nécessaire, aujourd’hui, de construire un récit commun autour duquel se réunir. L’enjeu,désormais, est d’établir une vision commune et désirable de l’avenir, puis ensuite seulement de nous battre quant aux moyens d’y arriver.

Les co-présidentes ont conclu l’introduction de l’Université en insistant sur l’importance de la réunion de tous les acteurs de la transition écologique à cet événement, la coopération étant la seule solution à la crise actuelle. La nouvelle économie ne dispose en effet pas de “textbook”: tout est encore à définir et à co-construire.

 

“Qu’est-ce que la nouvelle économie?”

 

Nathalie Rodary, Quelle gouvernance pour le nouveau monde?

 

Nathalie Rodary, directrice générale d’ASSARY, a ouvert la table-ronde en abordant la question de la gouvernance dans le nouveau monde. Les constats effrayants de ces derniers mois rendent la nécessité d’une transformation rapide de nos systèmes économique et social incontestable. Or, il n’y a pas de transformation sans leader.

Le leader est donc au centre de la démarche que nous approchons désormais. Le leader n’est pas un.e dirigeant.e. Tandis que le ou la dirigeant.e se conçoit comme un.e meneur.se, et regarde “l’ailleurs”, le ou la leader est déjà dans cet “ailleurs” et, plutôt que de le leur montrer dans le lointain, exhorte la foule à l’y rejoindre. Le leadership est donc cette capacité à nous mener vers cet ailleurs. Pour être un.e leader efficace et humaniste, il est nécessaire de se libérer des conditionnements que la société nous impose, et d’accepter d’être dans l’ “être” plutôt que dans le “paraître”.

Corinne Lepage et Myriam Maestroni, La place des femmes dans l’entreprise

Corinne Lepage et Myriam Maestroni ont enchaîné sur la place des femmes au sein de l’entreprise. Rappelons que l’ODD n°5 (Objectif de Développement Durable) est celui de parvenir à l’égalité des sexes. Et malgré une nette progression, les femmes demeurent en sous-nombre parmi les dirigeant.e.s d’entreprises. Or, ainsi que le souligne Corinne Lepage; “il est impossible de régler les problèmes de ce monde en laissant de côté 50% de la population”. Il ne peut y avoir de discussion autour de la lutte contre le réchauffement climatique, contre la pauvreté ou contre la précarité sans y intégrer pleinement la question de l’(in)égalité entre hommes et femmes.

Jean-Christophe Carteron, L’enseignement supérieur et la transition

Ces enjeux révolutionnent aussi l’enseignement supérieur, qui doit désormais s’adapter aux nouveaux défis affectant le monde du travail, auxquels les universités, écoles et instituts doivent préparer les étudiant.e.s. Plusieurs aspects de l’enseignement sont ainsi remis en cause. Premièrement, affirme Jean-Christophe Carteron, la notion de propriété privée, à la base de notre système économique actuel, est remise en cause par le fait que les étudiant.e.s aujourd’hui sont nés dans l’ère d’Internet. Ce rapport aux nouvelles technologies les rend d’autant plus sensibles à l’économie du partage. Leur rapport au savoir en est également impacté.

Deuxièmement, force est de constater aujourd’hui la très faible résilience de notre système économique: le monde dans lequel nous vivrons demain, celui dans lequel les étudiant.e.s auront à travailler, sera d’une manière ou d’une autre très différent de celui que nous connaissons actuellement. Les enseignants ont donc le défi double de préparer les étudiant.e.s à un monde inconnu, et d’enseigner à des étudiant.e.s conscient.e.s des défis de demain, souvent très critiques de ce qui leur est enseigné (ainsi que le témoigne par exemple le Manifeste étudiant pour un réveil écologique, signé à ce jour par plus de 24 000 étudiant.e.s à travers la France). A ce jour, par exemple, aucune des mesures prises par le CAC40 ne peut nous sauver, et les élèves en sont bien conscient.e.s. Comment faire, dès lors, pour s’adapter à la nouvelle demande d’emplois correspondant aux valeurs défendues par une partie des étudiant.e.s?

La mission de préparation des étudiant.e.s au monde du travail en est donc une bien plus complexe et fascinante qu’elle ne l’était il y a quelques années seulement, du fait des changements passés (révolution technologique, sensibilisation des étudiants aux enjeux environnementaux) et des changements annoncés et à venir.

 

Claude Gruffat et Emmanuel Soulias, Décentralisation: l’exemple de l’alimentation et l’énergie

Si personne n’est encore à même de prédire avec précision ces changements, il est certain que les domaines de l’énergie et de l’alimentation les subiront de plein fouet: à la fois responsables et victimes du réchauffement climatique, la transition vers l’agro-écologie, l’agriculture bio et les énergies vertes est actuellement notre meilleur espoir de limiter les dégâts. Claude Gruffat, président de Biocoop et Emmanuel Soulias, directeur général d’Enercoop, sont intervenus pour discuter du défi que constitue la décentralisation de l’énergie et de l’agriculture.

L’agriculture se porte mal: les pesticides et la monoculture menacent la santé des sols, la nôtre et la résistance des plantes aux insectes. L’artificialisation des sols est un sujet peu abordé, et pourtant très important. L’extension urbaine et les pesticides ont drastiquement réduit la fertilité des sols, en France et ailleurs, au cours des 60 dernières années. Le problème est tel que dans certains territoires, l’indice de fertilité se rapproche dangereusement du socle enclenchant le processus de désertification des sols. La concurrence, également, porte préjudice aux agriculteur.rice.s: quand l’agriculture industrielle vend ses produits à moindre prix que ceux des agriculteur.rice.s bio, cela ralentit la transition agricole et précarise le métier. Il faut donc reconsidérer le juste prix, qui n’est pas le prix le plus bas, mais celui qui permet aux consommateur.rice.s de consommer des produits de qualité le plus longtemps possible.

Biocoop est une coopérative, qui privilégie des pratiques moins polluantes que les enseignes commerciales, telles que le vrac, les circuits courts, l’absence de transports en avion et le commerce de produits provenant uniquement de l’Hémisphère Nord. Le système agricole devrait s’inspirer de l’exemple de Biocoop qui, bien qu’imparfait, permet de fournir au “juste prix” des produits de qualité, nutritifs et le plus souvent locaux aux consommateur.rice.s.

La distance croissante entre les producteur.rice.s et les consommateur.rice.s a de nombreuses conséquences négatives. Ainsi les consommateur.rice.s sont-il.elle.s de plus en plus déconnecté.e.s de la réalité agricole, et donc ignorant.e.s des contraintes du métier. Cela s’allie également à une perte nutritionnelle des aliments vendus qui sont ainsi consommés plusieurs jours après leur récolte. La décentralisation, reterritorialisation et diversification de la production agricole sont donc des enjeux de première importance.

La décentralisation énergétique s’effectue souvent en tandem avec la décentralisation agricole. Enercoop est une entreprise constituée de coopératives locales, qui fournit de l’énergie 100% verte à ses client.e.s. Cette démarche permet de soutenir les producteur.rice.s locaux.les, et d’augmenter la part d’électricité verte dans le mix électrique. Le prix de l’électricité chez Enercoop est plus haut que celui de ses concurrent.e.s, pourtant son chiffre d’affaires augmente de manière constante et sa réputation n’est plus à faire, témoignant du nombre de Français.es sensibles à ces questions.

Enercoop travaille en coopération avec des entreprises locales et nationales, dont Biocoop, Terre de Liens, Fermes d’Avenir… De telles coopérations permettent de mettre en oeuvre un récit, et de créer une nouvelle société fondée sur les valeurs que portent ces deux entreprises.

 

Myriam Maestroni, La transition énergétique

La décentralisation est un des enjeux cruciaux de la transition énergétique. Pourtant, le débat autour du nucléaire semble occuper tout l’espace médiatique dès que le sujet est mentionné. A ce sujet, Myriam Maestroni insiste sur le fait que les énergies vertes ont non seulement l’avantage d’exister et de fonctionner, mais aussi d’être compétitives sur le marché (comme le prouve le succès d’Enercoop). Présenter la transition énergétique comme un débat insoluble entre deux “camps” (pro- et antinucléaires) nuit à l’avancée de cette transition. Le MENE envisage le nouveau monde comme fondé avant tout sur la coopération, d’où la nécessité de sortir de ce paradigme d’une manière ou d’une autre.

 

François-Michel Lambert, L’économie circulaire

La transition écologique ne peut par ailleurs se faire sans une réflexion autour de notre relation aux déchets. L’économie actuelle est “linéaire”: nous puisons dans nos ressources pour transformer un produit, que nous jetons ensuite quand nous en perdons l’utilité ou que l’objet ne fonctionne plus. François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône et président de l’Institut National de l’Economie Circulaire (INEC) était présent à l’Université pour discuter de ce sujet, récemment au coeur des discussions nationales et européennes. L’économie circulaire questionnant notre rapport aux ressources, la question n’est plus “Comment gérer les déchets?” mais “Comment sortir de cette société de gaspillage?”.

L’économie circulaire, c’est avant tout la recherche de productivité de la matière: beaucoup de ressources sont disponibles, que nous sous-utilisons pour en utiliser d’autres. L’économie circulaire cherche donc à mettre en valeur les opportunités manquées et à créer des richesses grâce à celles-ci.

Ce modèle concerne tous les secteurs de la société. Rappelons que, si le gaspillage alimentaire était un pays, celui-ci serait le troisième le plus émetteur au monde de gaz à effet de serre. De même, 20% des émissions de gaz à effet de serre sont produites par l’extraction et la fabrication des matières premières. Des passerelles sont donc à établir entre les différents secteurs économiques, afin de mettre en place une économie consciente des opportunités décrites ci-dessus.

 

Le Mouvement des Mouvements

Qu’est-ce que le Mouvement des Mouvements?

Le Mouvement des Mouvements a pour ambition de réunir les mouvements d’entreprises se situant dans ce que MENE définit comme la “nouvelle économie”, c’est-à-dire des entreprises conscientes des enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux de notre époque.

Les mouvements participant à la démarche ont, pour la plupart, des finalités différentes, et/ou explorent des secteurs économiques très divers, mais se retrouvent autour de la conviction que nous devons désormais unir nos efforts et nos différentes compétences pour peser plus lourd face aux défenseur.se.s de l’économie orthodoxe, laquelle nous mène droit dans le mur.

A ces fins, le Mouvement des Mouvements oeuvre pour une meilleure communication entre ces mouvements, et pour l’amorce d’une coopération pertinente, en vue de cet objectif. Une plateforme commune nous permettra de découvrir de nouveaux mouvements, des possibilités d’entraide et de collaboration et de nous unir quand nécessaire autour d’un objectif commun.

Outre les mouvements présents à l’Université, Capitalisme Responsable, le Centre des Jeunes Dirigeants d’Entreprise, le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D), le Comité 21, Convergences, Entreprises et Progrès nous ont rejoint.e.s dans notre démarche.

 

“Tout seul on va vite; ensemble on va loin” (dicton africain)

 

Les Mouvements présents à l’Université

 

Mouvement Représentant.e Description du mouvement Les principaux objectifs
B-Corp France Laurence Nhan B-Corp France est un label pour les entreprises “responsables”, dont l’un des pans est le business plan. Outre la vérification que le modèle économique de l’entreprise intègre pleinement les dimensions sociale et environnementale de son impact, B-Corp France requiert également que les statuts de l’entreprise soient changés, afin d’y intégrer leur raison-d’être sociétale. Actuellement, 2600 entreprises sont certifiées B-Corp dans le monde, dans 55 pays différents. 70 de ces entreprises se situent en France. 1. Une discussion autour de la Loi PACTE, et notamment, la possibilité de définir la raison d’être d’une entreprise comme étant sociétale

  • La crainte de B-Corp concerne en effet le risque de “social washing” et le manque de cohérence entre l’ambition affichée et les faits.

2. La mobilisation des citoyen.ne.s

  • Comment véritablement mobiliser les citoyen.ne.s et les entreprises? Comment créer un mouvement de la même ampleur que les gilets jaunes, avec des revendications environnementales et sociales?

3. La consommation responsable

  • Comment contrer des phénomènes tels que le Black Friday?
Dirigeants Responsables de l’Ouest (DRO) Laurent Bazin DRO est un mouvement territorial, né voici 10 ans, réunissant des chef.fe.s d’entreprise “responsables”. De nombreuses actions ont déjà été imaginées et mises en place: Comment peut-on aller plus loin, en mettant en pratique nos valeurs et responsabilités dans nos entreprises?
Entreprises pour l’Environnement (EpE) Annabelle Prin-Cojan EpE a été créée en 1992, à l’occasion du Sommet de Rio. Y participent essentiellement de grosses entreprises (la moitié du CAC40), qui partagent la vision d’EpE de l’environnement comme source de progrès et d’opportunités EpE porte Act4nature, une initiative lancée en juillet, dont l’objectif est que les PDGs et grandes entreprises signent des engagements individuels et adaptés à leur organisation pour la biodiversité. L’initiative compte une vingtaine de partenaires

EpE se penche donc, depuis longtemps sur la question. Comment se reconnecter et agir pour la biodiversité? Peut-on envisager de construire un indicateur tel qu’une empreinte biodiversité (comme l’empreinte carbone)?

Entrepreneurs d’Avenir Jacques Huybrechts Il est nécessaire d’avoir, en France et dans le monde, des dirigeant.e.s conscient.e.s des risques liés au réchauffement climatique, au déclin des ressources (crise financière, notamment).

Le rôle du Parlement est donc de rassembler les différents mouvements d’entreprises et entrepreneurs conscients des enjeux dans le but d’échanger les bonnes pratiques et de créer un réseau de dirigeant.e.s capables de relever les défis du monde de demain. Son rôle n’est pas de se substituer aux mouvements existants et présents ici, mais de les rassembler.

Quels enjeux aurons-nous à relever dans les 10 ans à venir? Comment aider chaque mouvement à progresser sur ses sujets respectifs?
Club Génération Responsable Jocelyne Leporatti Le Club Génération Responsable, né en 2007, a pour ambition d’aider les enseignes de la grande distribution à co-construire en matière d’agroécologie, de performance énergétique, etc.

Un label a ainsi été mis en place, afin de valoriser les bonnes pratiques ayant fait leurs preuves: “le meilleur mode d’emploi, c’est l’exemple”

Le Club s’intéresse à trois sujets: la mobilisation des collaborateur.trice.s, la mobilisation des consommateur.trice.s et la reterritorialisation des commerces.
Label Lucie Michael Troquet Le Label Lucie est un label RSE, basé une norme internationale sur la RSE. Le Label Lucie a été établi en en déduisant un référentiel. La spécificité du Label est par ailleurs son évaluation de suivi, ce qui lui confère sa crédibilité.

Outre le décernement du label, le mouvement réunit les entreprises labellisées au sein de la Communauté du Label Lucie, qui permet à celles-ci de se rencontrer, de collaborer, d’échanger de bonnes pratiques et de dynamiser le mouvement.

Comment utiliser la démarche RSE de labellisation Lucie pour renforcer, soutenir ou faire avancer d’autres démarches?
Medinsoft Stéphane Soto Medinsoft est mouvement créé en 2003.

Plusieurs commissions transverses (smart city, smart tech, e-tourisme…) permettent de réfléchir à la contribution du digital à différents enjeux sociétaux ou environnementaux. Des projets sont ainsi montés avec des territoires, des régions notamment, et contribuent à l’émergence de la nouvelle économie sur les territoires.

Comment le digital peut-il favoriser la popularisation de la nouvelle économie?

 

A la question “Pourquoi avoir rejoint le Mouvement des Mouvements?”, plusieurs grandes lignes en sont ressorties:

Les mauvaises nouvelles au sujet du climat, des sécheresses, des sociétés et de la montée de l’extrême-droite sont devenues des rendez-vous quotidiens. La meilleure façon de faire bouger les lignes est de nous organiser de manière pertinente, de nous mobiliser afin de peser plus lourd sur les plans politique, économique et médiatique.

A ces fins, il est donc nécessaire de nous organiser, de coopérer et d’échanger les bonnes pratiques, et c’est là que le Mouvement des Mouvements intervient. Cette réunion des acteurs invoqués devrait nous permettre de relayer et diffuser plus largement les actions effectuées. L’ambition affichée est également de sortir de l’entre-soi, en ralliant à notre cause des citoyen.ne.s et entreprises conscient.e.s des enjeux, mais n’étant pas encore impliqué.e.s dans une démarche de transition.

 

Le numérique au service de la transition écologique

Le numérique et la transition écologique peuvent être étroitement liés, dans un sens comme dans l’autre. En effet, le numérique est fréquemment pointé du doigt par rapport à la grande consommation des data centers, gourmands en énergie.

Le numérique peut-il réduire sa consommation en énergie? Rappelons que “le secteur des nouvelles technologies représente à lui seul entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité, selon les estimations – soit près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Et la tendance est franchement à la hausse, à raison de 5 à 7 % d’augmentation tous les ans.»

Et au-delà du défi seul que représente la baisse de consommation énergétique des data centers et des nouvelles technologies, le numérique peut-il réellement contribuer à la transition écologique? Tel est le postulat qu’ont défendu les intervenants pendant le débat. Étaient présents:

  • Romuald Ribault, Directeur marketing Ecologic France
  • Stéphane Soto, Directeur Général de Medinsoft
  • Philippe Rampal, COO à Jaguar Network
  • Jean-François Suhas, Elu à CCI Marseille Provence

Numérique et innovation vont souvent de pair et le cas de la transition énergétique n’est pas une exception. De nombreuses recherches sont actuellement en cours sur la consommation électrique et l’utilisation d’énergie pour le refroidissement des serveurs.

Mais en parallèle de ces innovations, il est aussi important de développer la sobriété numérique. La sobriété est un concept souvent repris dans les discours écologistes, qui désigne la frugalité, la modération, le fait de consommer de manière raisonnable et raisonnée. Appliqué au numérique, ce concept peut englober plusieurs pratiques, qu’il s’agisse d’éteindre ses appareils plutôt que de les mettre en veille, de n’utiliser les appareils électriques que lorsque c’est nécessaire, de supprimer ses e-mails, etc. Malheureusement, plus encore que les autres aspects de nos modes de vie actuels, l’impact écologique de nos pratiques est dématérialisé et invisible à l’oeil des consommateurs. Un des enjeux actuels est donc de sensibiliser les utilisateur.rice.s à l’empreinte carbone de leurs pratiques numériques.

 

Clôture

Geneviève Maillet a conclu cette première Université du Mouvement des Entrepreneurs de la Nouvelle Économie en insistant sur l’importance de créer du lien, de trouver du temps pour se rencontrer et échanger au lieu d’échanger par vidéoconférence entre deux rendez-vous. Nous sommes, dit-elle “à la charnière d’un temps qui n’est plus et un temps qui n’est pas encore”. Par cette Université, nous sommes entrés dans une guerre pacifique, qui commence par la réalisation que “ce n’est plus nous qui changeons le monde, comme nous avons longtemps cru que nous le ferions, c’est en réalité le monde qui essaie de nous changer”.