Le lundi 17 juin 2019, a eu lieu la conférence-débat du MENE sur le thème de « La Nouvelle Économie, voie de progrès pour une croissance profitable et responsable ». A cette occasion, des intervenants de différents secteurs économiques ont pu partager leur expérience et leur vision de la Nouvelle Economie.

 

De gauche à droite : Grégory Lamotte, Frédéric Mazzella, Nathalie Croisé

La conférence débute sur la première table ronde consacrée aux acteurs qui défient les anciens modèles. Après une brève introduction et présentation par Nathalie Croisé, journaliste indépendante et membre du Conseil d’Administration du MENE, Frédéric Mazzella, président fondateur de Blablacar et Grégory Lamotte, CEO fondateur de Comwatt prennent place pour partager leur expérience.

Frédéric Mazzella, président fondateur de Blablacar donne un chiffre-clé: 1 600 000. C’est le nombre de tonnes de CO2 qui serait rejeté dans l’atmosphère sans la présence de Blablacar. Celui-ci explique aussi la problématique de l’utilisation de la voiture aujourd’hui, trop souvent utilisée par une seule personne, et conclut en soulignant le devoir de chacun de changer ses habitudes et comportements afin de répondre aux défis écologiques actuels.

Grégory Lamotte, CEO fondateur de Comwatt et également membre du Conseil d’Administration du MENE explique que, selon lui, le blocage principal vers la transition énergétique tient tout d’abord d’un manque d’informations des particuliers. Celui-ci rappelle que la production d’énergie solaire est aujourd’hui la moins chère du marché (5 centimes le kWh, contre 6 centimes le kWh pour le charbon et le gaz et 11 centimes pour le nucléaire).

Il évoque aussi l’importance de développer la production d’énergie solaire au niveau local. Cela induirait la réduction des coûts de transport dans le prix de l’électricité en cas de mise en place de panneaux solaires au domicile de chaque consommateur.

En conclusion de ces deux interventions, Grégory Lamotte et Frédéric Mazzella ont donné quelques conseils à appliquer si l’on souhaite créer une start-up responsable à succès : savoir s’entourer, être un utilisateur du produit, et, surtout, être passionné.

Jean-Christophe Carteron, directeur RSE de Kedge Business School et Noël Bauza, président et fondateur de la plateforme Zei prennent ensuite le relais pour la deuxième table ronde présentant l’engagement des acteurs économiques.

 

De gauche à droite : Jean -Christophe Carteron, Noël Bauza

Jean-Christophe Carteron, présente le Sulitest qui est un test comportant 30 questions obligatoires (avec la possibilité d’en rajouter) à destination des organisations, des universités mais également des particuliers souhaitant tester leurs connaissances en matière de développement durable. L’ambition première de ce test est de devenir obligatoire au concours des Grandes Ecoles et universités. Ainsi, les étudiants et futurs décideurs devront, de manière systématique, avoir des connaissances en matière de développement durable, afin que les décisions prises soient en accord avec la protection de l’environnement et tournées vers une nouvelle économie.

Les personnes présentes dans la salle ont eu l’opportunité de tester directement leurs connaissances en matière de développement durable dans une version plus courte du Sulitest.

 

 

A son tour, Noël Bauza, présente la plateforme Zei dont il est le fondateur. Cette plateforme créée à destination des entreprises mais également des particuliers propose des indicateurs environnementaux mesurant la performance et les engagements des entreprises inscrites. L’intérêt pour une entreprise est donc d’obtenir les meilleures notes possibles dans chaque indicateur et d’être guidé dans son processus de transition vers la Nouvelle Économie. L’entreprise ou l’entité ayant soumis ses bonnes pratiques peut ensuite communiquer sur la réussite de la mise en place de ses engagements en interne comme en externe. De plus, les indicateurs sont imposés par l’algorithme, ce qui rend impossible pour l’entité de choisir seulement les indicateurs susceptibles de l’avantager.

Baudouin d’Hérouville, Nathalie Croisé

Pour la première discussion de la deuxième partie de cette conférence autour de l’identification des problèmes d’hier et d’aujourd’hui qui freinent les entreprises, leur croissance et leur transition vers une Nouvelle Economie, Baudouin d’Hérouville, président du groupe de travail de l’Institut Messine présente les résultats du dernier rapport de l’Institut : « Les patrons des PME et d’ETI françaises vendent-ils trop tôt, et pourquoi ? ». L’Institut Messine est un think tank créé en 2014 rassemblant des représentants de la société civile et de la profession de commissaire aux comptes afin de réfléchir aux grands enjeux économiques auxquels sont confrontés les entreprises.

Les résultats de ce rapport stipulent que plusieurs éléments freinent la croissance des PME et des ETI : en premier lieu la fiscalité trop instable et peu accommodante envers les PME et ETI; mais aussi une dimension culturelle inhérente aux dirigeants d’entreprises français, et enfin les relations souvent tendues entre les grands groupes et les PME-ETI.         

 

Florian Breton

Pour la seconde discussion autour d’une réflexion sur les nouveaux types de financement, plus réfléchis et responsables, Florian Breton, président fondateur de MiiMOSA a ensuite présenté la plateforme. MiiMOSA est une plateforme de financement participatif qui met en relation des agriculteurs ayant des projets à besoin de financements avec des citoyens intéressés et souhaitant participer et aider des projets à impact positif.

Le financement des projets se présente sous deux formes différentes : le don avec contrepartie (en échange de l’aide financière, les porteurs de projet offrent des produits et services) ou bien le prêt rémunéré (investissement en échange d’un remboursement avec intérêts). L’objectif principal de cet outil est d’accompagner et d’offrir une possibilité de financement aux agriculteurs qui auraient des difficultés à obtenir des financements via le secteur bancaire traditionnel. Florian Breton voit ce système comme une manière de rapprocher les citoyens des producteurs, élément primordial de la Nouvelle Économie.

Enfin, pour clore la conférence, Corinne Lepage, co-présidente du MENE et Stéphane Voisin, membre de l’Institut du Capitalisme Responsable ont présenté le projet du Mouvement des Mouvements et de la Plateforme des Engagements. Le Mouvement des Mouvements, projet initié à l’occasion de la première Université du MENE en novembre 2018, rassemble 14 organisations dont Convergences, Comité 21 ou encore l’Institut du Capitalisme Responsable. Ces mouvements ont en commun la volonté de s’engager en faveur d’une nouvelle économie, plus respectueuse et responsable.

Lors d’une discussion entre les différents membres de ces mouvements, l’idée de créer une Plateforme des Engagements est née. Cette plateforme regrouperait les organisations présentes dans le Mouvement des Mouvements et rendrait public leurs engagements en matière de développement durable. Ces projets permettraient d’apporter davantage de visibilité à ces organisations dans le milieu politique, mais aussi de valoriser et mettre en avant leurs engagements.

De gauche à droite : Corinne Lepage, Stéphane Voisin, Nathalie Croisé