36 – Développer les monnaies complémentaires locales

Lorsque les acteurs développent leurs propres structures de financement et ré-irriguent leur économie avec de nouvelles monnaies, les choses changent. Le monde de la nouvelle économie est peu irrigué monétairement. Les investissements font défaut, la confiance des banques également. Plus de 5000 monnaies complémentaires ont ainsi vu le jour ces dernières décennies. Elles peuvent prendre l’aspect:

– de monnaies citoyennes d’échange de temps, de services et de biens,

– de monnaies structurées avec les collectivités territoriales qui favorisent les échanges commerciaux locaux entre entreprises, entre entreprises et citoyens, entre citoyens ou entre collectivités et citoyens

– de monnaies inter-entreprises qui ouvrent des places de marché où elles se font crédit mutuel au sein de cette place de marché (communément appelé “barter”, ce qui est un faux ami puisque il ne s’agit pas de troc mais bien d’un échange multi-acteurs soutenu par une infrastructure monétaire complémentaire) : les entreprises y trouvent le moyen de transformer leurs actifs inutilisés en trésorerie valorisable dans le barter auquel elles adhèrent. Leurs échanges sont déclarés et soumis à la TVA comme n‘importe quel échange économique, mais ils se font hors euros.
Dans son rapport consacré à la question, le PIPAME (Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques) évaluait à 10 % l’augmentation du chiffre d’affaire ainsi généré par l’adhésion à une telle plateforme d’échange.

Outre leur valeur économique, ces monnaies apportent des plus-values sociales et de développement territorial lorsqu’elles sont locales. Elles peuvent et doivent jouer un rôle croissant dans le Nouveau Monde. Enfin peut-être et surtout enfin, ces monnaies sont un formidable instrument de sécurisation des territoires en cas de crise financière grave. Elles permettent en effet aux échanges de se poursuivre, dans l’hypothèse d’un Krach ou même moindrement d’un blocage du système financier comme on a pu le connaître en 2008.