91 – Mettre en valeur notre patrimoine marin, notamment en Outre-Mer

La France s’est enfin dotée d’un parc naturel marin en mer d’Iroise. C’est peu. Les efforts faits pour conserver la biodiversité, notamment les mangroves, sont dérisoires. Là encore, la prise en compte des économies externes générées par cette richesse marine et sous-marine est indispensable pour financer la remédiation et acquérir un savoir-faire qui pourrait être exporté.)

90 – Mieux valoriser le potentiel des algues

Les algues constituent un trésor et un certain nombre de startups françaises sont très innovantes sur leur utilisation à la fois dans le domaine médicamenteux et dans le domaine énergétique. Mais les investissements sont très insuffisants et le soutien très faible alors que la phase industrielle pourrait voir le jour en ce qui concerne, par exemple, les agro carburants de la troisième génération.

89 – Faire de l’alimentation à partir de la mer une grande filière

La mer recèle des richesses indispensables dans tous les domaines à commencer par celui de l’alimentation. Les ressources en matière d’alimentation sont considérables. L’innovation de l’aquaculture est indispensable et les recherches de circularité devraient être aussi inventives pour la mer qu’elles le sont en agriculture (audition Patricia Ricard)

88 – Devenir un acteur majeur des énergies marines

Nous avons un retard considérable dans le développement des énergies marines (il en existe 7 catégories différentes). Certes, de grandes éoliennes offshore sont en projet, mais, elles sont très coûteuses alors que d’autres sources d’énergies marines, de plus petite envergure chacune sont très prometteuses : hydroliennes, énergie des marées, usines houlomotrices, éoliennes flottantes… les technologies disponibles sont plus en plus nombreuses mais malheureusement, le penchant dominant en faveur des très grandes unités portées naturellement par les très grands groupes l’a emporté. Il est urgent de pousser la recherche-développement et par voie de conséquence les petites unités innovantes qui proposent de nouvelles solutions, afin de les expérimenter. C’est un marché économique immense, et on ne peut que déplorer que les îles écossaises soient en capacité d’être autonomes sur le plan énergétique alors que l’on interdise à nos îles d’en faire autant.

87 – Faire de la forêt une activité valorisée

La France est la quatrième forêt d’Europe , elle dégage 60 milliards de chiffres d’affaires et emploie 400 000 personnes à comparer avec l’Allemagne qui dégage 130 milliards de chiffres d’affaires et emploie 900 000 personnes. La marge de progression est donc considérable d’autant que cette activité s’inscrit pleinement dans le développement local, les énergies renouvelables et l’économie circulaire. Les débouchés du bois sont insuffisants de telle sorte qu’on ne plante plus en France en raison à la fois du morcellement de la propriété privée et du sous dimensionnement de la part économique dans la multi fonctionnalité de la forêt. Le bois construction est bien placé mais les constructions bois représentent moins de 10 % de l’ensemble en raison en partie d’une réglementation qui a été faite pour l’acier et le béton et non pour le bois.
Dans l’énergie, le bois et les déchets représentent 40 % des énergies renouvelables dans les objectifs du Grenelle et 80 % de la chaleur. Mais, l’absence de coordination et le poids que représentent de très gros projets comme celui de Gardanne nuisent à l’équilibre économique et à la pérennité des petites chaufferies bois.
La filière a besoin d’articuler ses usages au sein de l’économie circulaire et de développer la bio économie. Elle a surtout besoin de garder la valeur ajoutée qui aujourd’hui quitte la France en particulier en raison de l’insuffisance des scieries. Là aussi, il faut penser en termes systémiques à la fois sur le plan local et sur le plan des filières.
Une mise en perspective est indispensable pour permettre la mutualisation des actions des propriétaires privés et les encourager à exploiter la forêt. Les quotas forestiers issus de REDD (convention sur le climat appliquée à la capture du carbone) pourraient les y encourager.

86 – Donner toute sa valeur au végétal

L’interprofession VAL’HOR engage depuis plusieurs années un travail de fond au travers de la démarche Cité Verte, pour replacer le végétal au cœur des lieux de vie et répondre aux attentes concrètes des élus qui doivent intégrer la réflexion paysagère dans leurs projets d’aménagement. La valeur ajoutée en termes d’externalités positives est indéniable. Ces deux dernières années, une réflexion approfondie a été menée par l’interprofession en collaboration avec les professionnels et les acteurs locaux, pour cerner plus précisément les attentes des collectivités et lever les principaux freins à une plus grande intégration du végétal dans les politiques publiques. Ces travaux ont ainsi permis de faire émerger 7 champs d’actions prioritaires qui prennent corps autour de 15 propositions concrètes pour promouvoir le végétal et le Paysage au cœur de la cité (Annexe audition Comité National du Paysage).

Toutes ces propositions très concrètes nécessitent un autre usage des investissements mais pas nécessairement plus de fonds publics. En revanche, ils sont très créateurs d’emplois, de nouveaux métiers et d’externalités positives donc d’économies budgétaires. Ils sont surtout source de confiance dans l’avenir et de mobilisation à tous les niveaux de la société. Mais la transformation ne s’arrête pas à ces secteurs clés.

85 – Faire de l’agriculture urbaine une évidence

Il faut s’attaquer au sujet de l’agriculture urbaine et de la permaculture considérée comme anecdotique, de manière croissante, les espaces verts urbains, les terrasses, les balcons, les toitures, les jardins sont utilisés pour produire des fruits et des légumes. Aux États-Unis, dans les grandes villes de la côte est et ouest le mouvement est très avancé. En Europe, la ville de Barcelone s’est donnée comme objectif d’être capable de fournir 50 % de sa nourriture d’ici 2030. Cette nouvelle conception de la ville, qui conduit à la reconquête de friches (à la condition qu’elles aient été entièrement dépolluées) et à de nouveaux rapports entre l’urbain et la nature s’inscrit dans concept de vie durable et plus encore dans celui de relocalisation. Le mouvement est encore très modeste en France. Là aussi, les communes pionnières devraient être mises en avant et récompensée de telle sorte qu’elles puissent servir de modèle

84 – Développer le binôme agriculture / énergie

Il faut également revoir la question du rapport énergie/agriculture en permettant la production et la consommation d’énergie directement dans les exploitations agricoles. L’agriculture doit être un des piliers du smart green en milieu rural avec notamment l’aide au stockage de l’énergie. Le dispositif de type AGRI CO2 pourrait être développé pour permettre la réduction effective des émissions des gaz à effet de serre en particulier par la méthanisation. France photovoltaïque méthanisation (voir l’audition) est un syndicat producteur d’électricité locale crée en 2014 qui regroupe essentiellement des agriculteurs. Son objectif est de défendre les intérêts des petits producteurs d’énergie photovoltaïque et de méthanisation, et de soutenir le développement des territoires. Ils s’inscrivent donc parfaitement dans la logique du Nouveau Monde. Ils représentent aujourd’hui 170 producteurs. Ils se plaignent de l’absence de vérité des prix dans un marché totalement administré, souvent de la non possibilité de raccorder et, des retards au raccordement dans l’éventualité la plus favorable. L’essentiel est de maintenir la valeur ajoutée in situ ce qui signifie que les entreprises locales doivent pouvoir mettre en place les projets et les entretenir. Ces entreprises doivent donc pouvoir être éligibles au dispositif FIP de financements locaux , Il faudrait un encouragement particulier pour les projets dans lesquels le porteur du projet est l’usager du bâtiment.
S’agissant de la méthanisation, le système se heurte aux difficultés liées à la gestion des déchets et à l’absence totale de coordination territoriale. Ce sont les très gros projets qui sont favorisés au détriment de tous les autres. (Voir l’exemple désastreux de Gardanne financé de surcroît par l’ADEME). Il est donc indispensable de revenir à une politique qui favorise l’initiative local.
L’exemple de la Corse est très intéressant à ce sujet. Le stockage à l’échelle locale fonctionne et la Corse est déjà un niveau d’utilisation de 30 % d’énergies renouvelables ,elle serait à un niveau beaucoup plus élevé si l’absurdité de la loi ne le lui interdisait pas. Le T4 est à 150 € le mégawatt heure , 120 bâtiments sont concernés , La chaleur dégagée permet d’assécher le foin et donc de le stocker et donc de ne plus acheter de tourteaux à l’étranger. De plus, le système permet la modernisation du réseau électrique , les contrats de délégation acceptés par EDF ont donné des résultats satisfaisants permettant une baisse d’un facteur 2,5 du prix de 50 à 20 €.

Cet exemple démontre l’intérêt qu’il y a à avoir une démarche systémique qui couvre à la fois la production d’énergie et sa consommation, la stratégie économique de l’exploitation agricole et la couverture des besoins locaux.
Dans ce contexte un grand plan de modernisation des bâtiments d’élevage autour d’un concept révolutionnaire pourrait être engagé, intégrant une logique d’énergie positive, y compris la capacité de fournir de l’énergie aux machines agricoles, une prise en compte systématique du bien-être animal et la sécurité alimentaire pourrait être engagée.

83 – Rétablir une équité dans le partage de la valeur

La question est particulièrement vitale pour l’agriculture. Il faudrait favoriser les outils d’une chaîne de valeur soutenable dans les filières agroalimentaires ainsi qu’un nouveau rapport économique entre les acteurs. Cela suppose une parfaite transparence de l’origine des matières agricoles et de leurs conditions de production pour sortir du modèle dominant des commodités. A ce titre, la France devrait défendre et mettre en place le projet d’étiquetage de l’origine des matières premières pour les produits transformés. L’objectif est très clairement de permettre au monde agricole de bénéficier de la valeur ajoutée créée en étendant la chaîne de valeur, que ce soit par la transformation (vente de produits fabriqués à la ferme), par la vente d’énergie ou même par la création de coopératives permettant de produire localement les produits dérivés de la chimie verte.

82 – Conforter la filière protéinique française

Dans la même logique l’économie locale et verte, il est indispensable de financer massivement l’émergence d’une filière protéine française pour l’alimentation animale en conventionnel mais également pour l’agriculture biologique En effet, chaque année, la France importe 4 millions de tonnes de soja. L’objectif de production de 2 millions de tonnes de protéines françaises en 2025 est cohérent et conduirait à faire de la France le leader de la production d’aliments à base de protéine végétale.

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